Une ONG milite pour des centres hospitaliers universitaires dans les régions
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Une ONG milite pour des centres hospitaliers universitaires dans les régions

Dakar, 31 jan (APS) - L’ONG AHDIS (Action humaine pour le développement intégré au Sénégal) préconise la création de Centres hospitaliers universitaires (CHU) dans certaines régions de l’intérieur, pour accompagner le processus de décentralisation des soins spécialisés.
 

Dans une déclaration portant sur les "pannes répétées" de l’unique appareil de radiothérapie dont dispose le Sénégal, l’ONG recommande au gouvernement de "prévoir la création de Centres hospitaliers universitaires dans certaines régions de l’intérieur du pays".
 
"Nous recommandons aussi aux autorités de renforcer davantage la décentralisation des soins spécialisés de sorte que tous les chefs-lieux de région puissent disposer d’un plateau médical et d’un personnel capables de prendre en charge les besoins en santé des populations tenant compte de leur pouvoir d’achat", peut-on lire dans cette déclaration. 
 
Selon AHDIS, cela permettrait "d’alléger la charge de travail des hôpitaux de Dakar qui jusqu’à maintenant accueillent des patients venant de toutes les régions du Sénégal".
 
L’ONG dirigée par Amacodou Diouf préconise par ailleurs "la formation et le recrutement de certains spécialistes, comme les cancérologues, les cardiologues, les gastro-entérologues, les gynécologues".
 
Elle souligne, dans la même perspective, la nécessité d’une réflexion "sur le développement du secteur de la recherche en santé, en initiant des modèles de financement des recherches pharmaceutiques qui répondent aux besoins médicaux des populations vulnérables".
 
AHDIS dit s’indigner et condamner "avec la dernière énergie" la panne du "seul appareil de radiothérapie dont dispose le Sénégal à l’hôpital Le Dantec" de Dakar, une situation que l’ONG assimile à "une violation du droit à la santé des malades du cancer".
 
"Le fait demeure depuis un mois", se désole-t-elle, avant de s’interroger : "comment comprendre qu’un pays comme le Sénégal, avec 14 millions d’habitants, qui se dit être une référence en matière de santé en Afrique, ne dispose que d’un seul et unique appareil de radiothérapie". 
 
"De surcroît, cet outil est vieux de 28 ans", déplore AHDIS, signalant que "1500 nouveaux cas de cancer sont enregistrés par an dans notre pays", des malades dont les soins nécessitent dans la plupart des cas une radiothérapie.
 
La ministre de la Santé et de l’Action sociale, Awa Marie Coll Seck a annoncé lundi que les malades du cancer dont les soins nécessitent une radiothérapie seront référés au Maroc en attendant l’acquisition et l’installation de 3 appareils déjà commandés et qui seront livrés dans "les meilleurs délais".
 
Awa Marie Coll Seck a tenu à rassurer les malades et leurs familles, en annonçant par ailleurs que "2 accélérateurs de particules commandés pour l’hôpital Dalal Jam seront livrés dans les meilleurs délais", sans compter l’acquisition en cours d’un nouvel appareil pour l’hôpital Aristide Le Dantec.
 
Selon la ministre, cette situation "illustre à souhait l’importance de l’offre de service pour un système de santé cohérent, capable d’absorber la demande".
 
"La panne de l’appareil de radiothérapie n’est que l’arbre qui cache la forêt", d’autant que beaucoup sont les patients et leurs parents qui sont obligés, malgré leur souffrance, d’attendre des délais de deux à trois mois pour rencontrer un spécialiste capable de prendre en charge leur cas", souligne AHDIS.
 
L’ONG ajoute : "Il nous est revenu également que le fonctionnement d’autres appareils (échographie, fibroscopie, scanner ….) est interrompu depuis plusieurs mois à l’hôpital Le Dantec. Les patients n’accèdent plus à ces services depuis presque plus de trois mois".
 
"En somme, conclut-elle, la liste est longue et les populations sénégalaises très démunies, surtout celles de l’intérieur du pays, sont désemparées car le fonctionnement des hôpitaux est encore plus catastrophique dans les régions".
 
S’exprimant à l’ouverture des travaux de la réunion du comité interne de suivi du Plan national de développement sanitaire (CIS/PNDS), élargie aux partenaires de la santé, la ministre de la santé et de l’Action sociale a pour sa part signalé que le gouvernement avait mis en place "un mécanisme d’assurances et de gratuité visant à réduire le risque financier lié à la santé des ménages et des populations vulnérables". 
 
Aussi Awa Marie Coll Seck a-t-elle fait part de "l’importance de l’offre de service pour un système de santé cohérent, capable d’absorber la demande".
 
 
BK/PON