Thiès : l’investigation de cas parmi la panoplie de mesures pour éliminer le palu d’ici 2030 (point focal)
APS
SENEGAL-PALUDISME-STRATEGIE

Thiès : l’investigation de cas parmi la panoplie de mesures pour éliminer le palu d’ici 2030 (point focal)

Thiès, 4 juin (APS) - La région médicale de Thiès compte sur une panoplie de mesures, dont l’investigation de cas, pour arriver à l’élimination de la malaria à l’horizon 2030, a indiqué Abdoulaye Seck, point focal pour cette maladie à la région médicale.
 
Cette région se trouve dans la phase de pré-élimination du paludisme, avec une incidence de 2,5 cas pour 1000 habitants en 2020.
 
Jeudi, lors d’une célébration décalée de la journée mondiale du paludisme, à laquelle ont pris part des relais communautaires, ‘’bajenu gox’’, distributeurs de soins à domicile (DSDOM) et des journalistes, la région médicale de Thiès a fait le point sur la situation de la maladie et les perspectives à donner à la lutte.
 
Une manière de remobiliser la communauté, dans toutes ses composantes, avec des messages de prévention appropriés.
 
‘’Zéro paludisme – tracer une ligne contre le paludisme’’, était le thème de la journée mondiale célébrée le 25 avril dernier, et à laquelle la région médicale n’avait pu se joindre en temps réel en raison d’un calendrier chargé.
 
‘’La région de Thiès s’illustre par le fait qu’elle s’est déjà engagée dans le processus de pré-élimination eu égard (…) à une tendance baissière très marquée au niveau des cas sur l’ensemble des structures de santé de la région’’, s’est réjoui M. Seck, qui est responsable du Bureau de la supervision à la région médicale de Thiès.
 
Thiès a enregistré 5.447 cas de paludisme confirmés en 2020, dont 18 décès, 372 cas graves, 25 cas confirmés chez les femmes enceintes et 190 cas chez les enfants de moins de cinq ans.
 
L’incidence du paludisme dans la région était de 2,5 cas pour 1000 habitants, en 2020, contre 2,7 cas pour 1.000 habitants en 2019. Soit une variation de – 7%, a dit Abdoulaye Seck. Le taux de TPI 3, la prise des trois doses prophylactiques destinées aux femmes enceintes, était de 62,33%, contre 54% en 2019.
 
‘’Une panoplie de mesures a été mise en œuvre non seulement pour consolider les résultats, mais aussi pour nous propulser vers l’élimination’’, a dit M. Seck. 
 
Thiès est ‘’cataloguée comme région de pré-élimination’’, avec trois de ses 9 districts ayant une incidence en deçà de 5 cas pour 1000 : Mékhé, Popenguine et Mbour. 
 
Selon le responsable, cette situation assez similaire dans les autres districts, a encouragé l’ONG MASEPA à enrôler l’ensemble des districts pour l’élimination, à travers les investigations de cas.
 
‘’En phase de pré-élimination, les cas de palu deviennent rares’’, a-t-il expliqué, relevant qu’‘’un cas de paludisme mobilise toute une équipe derrière’’. Le travail des agents est de chercher à partir d’un cas index, à détecter d’autres cas de paludisme dans les concessions environnantes.
 
La stratégie implique l’intervention de la communauté, des structures de santé, afin de déterminer s’il s’agit d’un cas autochtone ou importé. L’objectif étant de ‘’réduire à zéro la transmission locale’’, la condition pour que la région soit indemne de paludisme.
 
Les distributeurs de soins à domicile (DSDOM) ont été formés pour prendre en charge les cas au niveau de leur communauté. Les bajenu gox continuent à sensibiliser les femmes enceintes sur la prise des comprimés lors des consultations prénatales (CPN) et à promouvoir l’utilisation permanente des moustiquaires imprégnées, qui reste un défi, malgré leur disponibilité.
 
La région médicale est accompagnée dans sa stratégie par l’ONG MASEPA et le PNLP.
 
Sur la route de l’élimination du paludisme, la région devra toutefois renforcer la communication de masse et de proximité, la prévention non-médicamenteuse, impliquer dans la lutte les 351 structures privées qu’elle compte, notamment en termes de partage de données, etc.

ADI/ASG