79 cas de rage humaine déclarés par la clinique de Fann, entre 1995 et 2016
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SENEGAL-ELEVAGE-SANTE

79 cas de rage humaine déclarés par la clinique de Fann, entre 1995 et 2016

Dakar, 21 sept (APS) - La clinique des maladies infectieuses de Fann a déclaré avoir enregistré 79 cas de rage humaine entre 1995 et 2016, a appris l’APS de la Direction des services vétérinaires.
 
Dans un document sur les termes de référence de la Journée de la rage, elle assure que, "depuis juin 2008, la maladie est sous surveillance". Elle ajoute que "les cas de morsures sont inscrits dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire du ministère de la Santé et de l’Action sociale".
 
"La rage animale est endémique au Sénégal. Elle est principalement entretenue par les chiens dont la plupart sont errants ou semi-domestiques, et dans une moindre mesure par les chats et les singes", poursuit le document. 
 
Le ministère de l’Elévage s’efforce de "rompre le cycle de transmission animal-homme de la maladie". En effet, le document signale qu’il a "initié, en juin 2011, dans le cadre du Programme de renforcement de la protection zoosanitaire, une campagne annuelle de lutte contre les chiens". 
 
Cette campagne a aidé à réduire les populations de chiens errants, "avec l’élimination de 21 329 chiens errants et la vaccination 8362 chiens domestiques depuis son lancement". 
 
"En attendant le financement du Programme spécial de lutte contre la rage, dont le coût est estimé à 764 millions de frs CFA, la surveillance épidémiologique de la rage s’effectue sur tout le territoire national. Entre 1995 et 2016, les Services régionaux de l’élevage ont rapporté 82 cas de rage animale dont 69 cas de rage canine", souligne la Direction des services vétérinaires.
 
Elle souligne que "l’option d’intégrer la rage dans la liste des maladies tropicales négligées (MTN) avec nomination d’un point focal témoigne de la volonté manifeste de réduire la morbidité et la mortalité de la rage au Sénégal".

Elle considère en outre que la validation du Plan directeur 2011-2015 de lutte intégrée contre les MTN comme "une opportunité pour la prise en compte de la rage".
 
La mise en œuvre des activités de prévention à large échelle se heurte cependant à des "contraintes majeures", dont la faible connaissance de la maladie aussi bien par le personnel médical que par les populations et les difficultés d’accessibilité tant géographique que financière à la vaccination préventive après exposition.
 
Il y a également la prolifération massive des chiens errants et le défaut de contrôle de leur dynamique et, le manque de soutien conséquent pour la lutte contre la rage.
 
La Direction des services vétérinaires juge que la lutte contre la rage "nécessite une collaboration multisectorielle et pluridisciplinaire". Celle-ci doit se faire entre les ministères de l’Elevage et des Productions animales, de l’Enseignement, de l’Intérieur, de l’Environnement et des collectivités locales, la Faculté de Médecine, l’Institut Pasteur de Dakar, l’Institut sénégalais de recherches agricoles et l’Ecole Inter-Etats des sciences vétérinaires.
 
Cette collaboration doit aussi concerner les partenaires que sont l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE), la FAO, l’OMS, etc.
 
"La rage est une zoonose virale transmise à l’homme par la salive des animaux infectés, principalement les chiens, lors d’une morsure ou d’une égratignure. C’est une maladie qui est toujours mortelle dès qu’elle est déclarée".
 
Mais un traitement efficace et précoce après l’exposition "permet d’éviter l’apparition de la maladie et la mort".
 
Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la rage entraîne chaque année en Afrique 24.000 décès. Les personnes les plus exposées à la maladie vivent en milieu rural et n’ont pas un accès facile aux vaccins et sérums du fait de leur indisponibilité ou de leur coût relativement élevé.


Bien que toutes les tranches d’âge soient concernées, la rage touche surtout les enfants. En moyenne, 40% des traitements prophylactiques post-exposition sont prescrits à des enfants âgés de 5 à 14 ans, pour la plupart des garçons. 

ASG/PON