Prévention du paludisme : plus de 256.000 enfants ciblés par la campagne 2017 à Tambacounda
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SENEGAL-PALUDISME-PREVENTION

Prévention du paludisme : plus de 256.000 enfants ciblés par la campagne 2017 à Tambacounda

Tambacounda, 24 août (APS) - Plus de 256.000 enfants âgés de trois mois à 10 ans sont ciblés dans la région de Tambacounda au titre de l’édition 2017 de la campagne de chimio-prévention du paludisme saisonnier (CPS), lancée jeudi dans la commune chef-lieu de région, ont indiqué les autorités sanitaires
 
La cérémonie de lancement régional de la CPS 2017 a eu lieu au domicile du chef de quartier de Pont 3, en présence des autorités sanitaires, administratives et locales. 
 
Jusqu’au 28 septembre, des relais feront du porte-à-porte pour administrer des doses de traitement antipaludiques aux enfants de la tranche d’âge concernée.
 
Un deuxième passage aura lieu un mois après, en fin septembre, suivi d’un troisième en octobre.
 
Au total, 256.780 enfants sont ciblés à travers toute la région, selon le médecin-chef de région, le docteur Habibou Ndiaye.
 
Dans le district de sanitaire de Tambacounda, ce sont "près de 80.000 enfants" qui devront recevoir la visite des 595 relais et 102 superviseurs communautaires formés pour les besoins de la campagne, en vue de l’administration des premières doses de médicament, a informé le médecin-chef du district, le docteur Babacar Guèye. 
 
L’objectif attendu est de "réduire de 75% la morbidité et la mortalité palustres", selon le docteur Guèye, ajoutant que pour que cet objectif soit atteint, "il faut que le traitement complet soit administré".
 
Aussi l’observance du traitement complet et la gestion des effets indésirables se présentent-elles comme "les défis" de la présente campagne.
 
Sur une couverture de 82% lors de la CPS 2016, il y avait seulement 47% de traitement complet, dans le district de Tambacounda, a-t-on appris.
 
Après le traitement directement observé (TDO) administré le premier jour par les relais, il y avait des difficultés à faire respecter les prises du deuxième et du troisième jour par les mères ou les personnes en charge des enfants.
 
Tambacounda avait enregistré une réduction de la mortalité palustre de 44%, du fait que le taux d’administration du traitement complet y avoisinait les 50%, a expliqué le docteur Guèye. 
 
D’où l’idée de mettre sur pied cette année des comités de suivi et de sensibilisation au niveau des postes de santé et des quartiers pour qu’après le premier passage, ses membres fassent le tour des ménages afin de veiller à ce que les enfants se fassent effectivement administrer les doses du deuxième et du troisième jour.
 
Concernant les effets indésirables des médicaments administrés, les postes de santé ont été dotés d’un dispositif de suivi, pour prendre en charge gratuitement les enfants qui en souffriraient. 
 
Le docteur Guèye a relevé "une réduction importante" de la prévalence du paludisme dans la région, par rapport aux années passées, tout en précisant que malgré cette baisse, l’on est en-deçà des objectifs du plan stratégique national.
 
Celui-ci vise zéro décès lié au paludisme, notamment dans la tranche d’âge ciblée par la campagne.
 
Or, sur quelque 100.000 cas répertoriés dans la région, 64 décès ont été enregistrés, dont 34 enfants, a renseigné le médecin-chef de district. 
 
D’une incidence de plus de 100 cas pour 1000 en 2015, on était à 76 cas pour 1000 en 2016, a-t-il indiqué.
 
Le paludisme, jusqu’alors premier motif de consultation à Tambacounda, est passé au cinquième voire sixième rang en ce moment, la première place étant désormais occupée par les diarrhées et autres infections respiratoires aiguës, a-t-il dit. 
 
Le docteur Guèye a souligné l’importance de dormir sous moustiquaire, pendant toute la nuit et durant toute l’année. "Ce n’est pas parce qu’on fait la CPS qu’on ne doit plus dormir sous moustiquaire", a-t-il précisé.
 
Relevant que 500.000 moustiquaires à longue durée d’action (MILDA) avaient été distribuées l’année dernière, portant à "plus de 99% de disponibilité", il ajoute que le défi reste leur utilisation par les ménages, surtout que la distribution de routine se poursuit toujours au niveau des postes de santé.
 
Selon le médecin-chef du district sanitaire de Tamba, les régions de l‘axe sud - Tambacounda, Kédougou, Sédhiou et Kolda -, doivent contribuer à l’atteinte de l’objectif du plan stratégique national, qui est de pré-éliminer ou éliminer le paludisme d’ici 2020, en réduisant "de façon drastique" la morbidité liée à cette maladie.
 
L’Etat a déjà joué sa partition en mettant en place les intrants, la logistique et en assurant la prise en charge des relais, a noté le préfet Mor talla Tine, selon lequel cette cérémonie de lancement était aussi une manière pour l’Etat de "porter le message au sein de la communauté". 
 
Relevant que toutes les dispositions ont été prises, M. Tine a fait part de son espoir de voir cette campagne couronnée de succès.
 

ADI/BK