Plaidoyer pour un changement de paradigme dans la lutte contre les cancers féminins
APS
SENEGAL-SANTE

Plaidoyer pour un changement de paradigme dans la lutte contre les cancers féminins


Dakar, 23 oct (APS) - Le docteur Ndèye Mbombé Dieng de la Direction de la lutte contre la maladie au ministère de la Santé et de l’Action sociale préconise le frottis cervico-vaginal dès 25 ans dans le cadre de la lutte contre le cancer du col de l’utérus qui nécessite selon elle un changement de paradigme.

"Il faut un changement de paradigme en travaillant au dépistage précoce. Le cancer ne peut plus être vu, traité que sous l’angle médical", a-t-elle souligné au cours d’un panel sur "le dépistage précoce des cancers du sein et du col de l’utérus".

"On peut commencer le frottis cervical à 25 ans. Si cela ne montre rien, on arrête à 65 ans, car le cancer apparaît en général vers l’âge de 50 ans", a préconisé docteur Ndèye Mbombé Dieng, lors de ce panel organisé par l’Association des femmes du ministère de la Santé et de l’Action sociale, dans le cadre de la campagne "Octobre rose".
 
Ndèye Bigué Ba Mbodj, la présidente de l’Association nationale des sages-femmes d’Etat du Sénégal, intervenant sur le rôle de la sage-femme dans la prévention des cancers génitaux, a indiqué que les femmes de manière générale "doivent avoir l’habitude de vérifier leurs seins après les menstrues".
 
"On a constaté que maintenant", le cancer survient vite. "En l’espace de 5 ans, les femmes développent le cancer, c’est dû au tabac sexuel" notamment, a-t-elle ajouté.
 
Selon Mme Mbodj, "le dépistage du cancer du sein par autopalpation et le cancer du col par le frottis vaginal est important car il y a des signes précurseurs qui peuvent être vus et traités".
 
Après la ménopause, a poursuivi Ndèye Bigué Bâ Mbodj, "s’il y a de petits saignements, il faut se faire consulter parce qu’il est fort probable que cela soit un cancer. Les facteurs favorisants sont le mode de vie, le comportement, la sexualité précoce, le multi-partenariat, l’alcool, le tabac". 
 
Elle note par ailleurs que le cancer du sein n’est pas qu’une affaire de femme, cette maladie pouvant "se développer chez l’homme même si la proportion est faible, soit 1%". 
 
"On peut le guérir s’il est détecté tôt, mais un cancer peut prendre 10 ans avant d’atteindre le stade de cancer proprement dit", a précisé la présidente des sages-femmes.
 
Ce panel du ministre de la Santé et de l’Action sociale a vu la participation des relais communautaires et des "Bajenu Gokh" de la région de Dakar.

SKS/BK/ASG