Planification familiale : le Rwanda, l’exemple à suivre
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MONDE-SANTE

Planification familiale : le Rwanda, l’exemple à suivre


De l’envoyée spéciale de l’APS : Adama Diouf Ly

Kigali, 12 nov (APS) – Le Rwanda constitue "un bon exemple pour les autres pays dans la réalisation des objectifs de la planification familiale avec un gouvernement qui joue un rôle très important pour le bien-être des populations", a déclaré lundi le président du Programme global de développement de la Fondation Bill et Melinda Gates, Dr Christopher Elias.
 
Le leadership du Rwanda a été très favorable à la planification familiale, a-t-il souligné lors d’un point de presse tenu après l’ouverture officielle à Kigali de la 5ème Conférence internationale sur la planification familiale. 
 
"Ces dernières années, a-t-il rappelé, le pays a investi dans son réseau d’agents de santé communautaires (ASC), a mené des campagnes de communication pour stimuler la demande et le changement de comportement, et a dispensé une formation sur les méthodes contraceptives permanentes à action prolongée.’’
 
Le président rwandais Paul Kagame a été "l’un des distingués participants’’ du Sommet de Londres sur la planification familiale de 2012, s’est-il remémoré.
 
Le Rwanda avait rejoint les co-organisateurs, la Fondation Bill & Melinda Gates et le Royaume-Uni, ainsi que la communauté de recherche et de développement dans une "promesse révolutionnaire’’.

Celle-ci consiste à mettre à la disposition de 120 millions de femmes et de filles dans les pays les plus pauvres du monde, une contraception abordable d’ici à 2020.
 
Au total 317 millions utilisent désormais des méthodes de contraception dans le monde, quoique beaucoup d’autres millions de femmes n’ont pas encore accès à ses services avec des besoins non satisfaits, a-t- il dit.
 
Pour Dr Elias, le Rwanda participe à "inverser ces faits avec un leadership au niveau de la gouvernance".
 
Présidant la cérémonie d’ouverture, le Premier ministre, Edouard Nguirente, a assuré que son pays va continuer à mettre en œuvre "des programmes de développement, qui mettront en avant la planification familiale tout en sachant qu’une population de qualité constitue un atout économique".
 
"Ces programmes ne se limitent pas à la planification familiale, à une bonne gouvernance mais également à de bonnes attitudes au développement du capital humain et de la petite enfance", a-t-il précisé devant les participants venus de divers horizons.
 
Une approche globale, qui prend en charge l’enfant de la naissance à l’âge de 8 ans ainsi que ses parents et ceux qui l’encadrent, est adoptée dans ces programmes. Cela permet aux enfants de développer leur potentiel cognitif émotionnel, social et économique, souligne-t-on.
 
"Planifier notre famille devrait faire partie de la planification globale pour un développement durable", a souligné le Premier ministre rwandais. 
 
Pour la ministre rwandaise de la Santé, Diane Gashumba, "il a fallu beaucoup de temps et d’énergie, pour que le Rwanda parvienne à enregistrer des résultats dans le domaine de la santé en général et la planification en particulier". 
 
"Une famille qui n’a pas de responsable, un pays qui n’a pas de dirigeant est voué à l’échec, et le Rwanda a eu une chance inouïe d’avoir un leader soucieux du bien-être de la population, un dirigeant qui transforme ses discours en actions concrètes", a-t-elle assuré.
 
Elle a donné quelques petits exemples qui montrent des "changements radicaux" au niveau du secteur de la santé. 
 
Aujourd’hui, le Rwanda dispose d’une couverture sanitaire par les mutuelles de 91% alors qu’avant le génocide, en 1994, il n’y avait pas de mutuelles de santé.

A l’époque, seuls les nantis qui pouvaient payer de leurs poches, bénéficiaient de l’accès aux soins, a-t-elle indiqué, qualifiant cette inégalité d’’’inacceptable pour une nation".

Ainsi, avec la nouvelle politique de santé qui se préoccupe selon elle du bien-être de tous, les citoyens ont droit à toutes les opportunités en la matière, a-t-elle assuré.
 
Pour en arriver là, a dit Mme Gashumba, le gouvernement rwandais "a mis beaucoup d’énergie et a beaucoup investi" en termes d’infrastructures, de plateau médical de haut niveau mais également dans les ressources humaines pour disposer d’un personnel qualifié.

ADL/ASG/BK