Mécanismes endogènes de prise en charge sanitaire : Keur Momath Mbayang cité en exemple
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SENEGAL-SOCIETE

Mécanismes endogènes de prise en charge sanitaire : Keur Momath Mbayang cité en exemple

Thiès, 9 déc (APS) - Le village de Keur Momath Mbayang, ’’seule localité’’ du pays à atteindre un taux universel de couverture maladie, est ’’un exemple’’ de prise en charge de la santé des populations par les mécanismes endogènes, a salué mardi Amadou Kanouté, directeur exécutif de la CICODEV Afrique.

’’On peut être pauvre, mais cela ne veut pas dire qu’on n’est pas productif’’, a dit Amadou Kanouté.

’’Un exemple concret : c’est le seul village au Sénégal qui a atteint le taux de couverture universelle’’, a-t-il souligné, parlant du petit village de Keur Momath Mbayang, situé derrière Sokone, dans la région de Fatick.

Le responsable de CICODEV a raconté à des femmes membres d’associations d’épargne et de crédit (AVEC), et d’autres organisations comment cette localité a réussi, à travers les mécanismes endogènes de financement de la santé, à ‘’couvrir toute la population contre les risques maladie’’.

Le chef de village de Keur Momath Mbayang a décidé de mettre à la disposition des habitants du village un champ auquel chacun devrait consacrer une heure de travail par jour.

Le produit des récoltes vendues, qu’il s’agisse de mil, de sorgho, de l’arachide ou autre, était destiné exclusivement aux cotisations ou droits d’adhésion à la mutuelle de santé. Ce qui a permis à chaque habitant de ce village d’être enrôlé dans la mutuelle de santé.

Lors de la rencontre de partage à laquelle ont assisté des membres de CICODEV, chaque habitant, s’est retrouvé avec 2.100 francs. Il suffisait juste de vendre un poulet ou autre pour avoir les 3.500 francs requis pour adhérer à une mutuelle de santé, a-t-il dit.

Pour M. Doucouré, l’exemple n’est pas ‘’vulgarisable’’ tel quel, puisqu’il s’est produit en milieu rural, même s’il est modulable, en fonction des spécificités de chaque zone. ‘’Pourquoi les gens qui vivent à côté de la mer n’affecteraient-ils pas une pirogue (aux dépenses de santé ?) ’’, a-t-il suggéré, par exemple.

Ce sont des pratiques ‘’connues dans nos cultures’’, parce qu’imaginées par les populations locales pour faire face à leurs besoins, a-t-il dit.

Ce type de démarche pourrait permettre d’élargir l’assiette des cotisations et d’alléger le fardeau de ceux qui supportent les dépenses de santé des ménages.

Les associations villageoises d’épargne et de crédit (AVEC), associations sportives et culturelles (ASC), ‘’mbootaay’’, peuvent générer des revenus pour payer les droits d’adhésion aux mutuelles.



 

ADI/OID/AKS