Lutte contre le VIH : un député préconise une approche communautaire
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SENEGAL-SANTE

Lutte contre le VIH : un député préconise une approche communautaire

Mbour, 28 sept (APS) – L’approche communautaire déroulée par Enda Santé dans la lutte contre le VIH Sida avec l’implication des populations clés les plus touchées par la maladie, doit servir de modèle aux pays de la sous-région dans le cadre d’une stratégie transfrontalière, a relevé vendredi, un député du Luxembourg, ambassadeur de l’ONUSIDA.
 
Au terme d’une visite de quatre jours entre Dakar et Ziguinchor, Marc Angel a bouclé cette tournée par une visite du Centre régional pour la Santé et le développement en Afrique de l’Ouest d’Enda Santé et l’hôpital de Mbour qui abrite une unité de prise en charge ambulatoire pour les personnes vivant avec le VIH.
 
Interrogé par l’APS, le député qui a rencontré au cours de la visite des travailleuses de sexe (TS), des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (MSM), des consommateurs de drogues injectables (CDI), pris en charge au sein de l’hôpital de Mbour, s’est dit "impressionné par l’organisation des soins pour la prise en charge de ces populations clés". 
 
A hôpital de Mbour où est logé également l’Unité de prise en charge des addictions, il a vu des "utilisateurs de drogue qui ont eu la chance de s’en sortir après traitement et réintégrés dans leurs familles et dans la société". Coptés par Enda Santé, ils sont médiateurs du centre et servent de relais auprès de leurs pairs.
 
"Ils ont été sortis de l’ombre grâce au travail communautaire qui porte ces fruits", a-t-il souligné. C’est pourquoi, selon le député, ambassadeur de l’initiative des trois "90" de l’Onusida, le Sénégal est un "exemple pour toute la région".
 
Relevant que la lutte contre le VIH SIDA est une "lutte multi-acteurs", notamment avec le ministère de la Santé, le gouvernement et les organisations de la société civile, Marc Angel estime que cette "collaboration entre les uns et les autres est importante". 
 
Cela a permis de comprendre, a-t-il dit, que "ces populations clés sont une réalité et il faut les approcher pour atteindre l’objectif des 3/90". A l’horizon 2020, l’objectif de l’ONUSIDA est de voir 90% des personnes vivant avec le VIH connaître leur statut sérologique, 90% de toutes les personnes infectées par le VIH dépistées reçoivent un traitement anti rétroviral durable et 90% des personnes recevant un traitement antirétroviral ont une charge virale durablement supprimée. 
 
"La prise de conscience est formidable dans la prise en charge et le traitement des couches les plus vulnérables, le Sénégal est sur la bonne voie et peut servir d’exemple. C’est un partenaire fiable pour le Luxembourg", a-t-il ajouté.
 
Pour l’ambassadeur de l’Onusida, "il faut juste impliquer tout le monde, éviter la stigmatisation parce qu’il faut impérativement passer par les populations clés pour atteindre l’objectif des 3/90 à l’horizon 2020.
 
"Les populations clés sont des passerelles avec une prévalence plus élevée (27%) chez ces groupes que chez la population générale (0,7%°)", selon le Directeur exécutif de Enda Santé, Daouda Diouf qui a accompagné la délégation au cours de la visite.
 
D’où les activités du centre régional pour la santé et le Développement établi à quelques encablures de l’hôpital de Mbour qui déroulent des activités de sensibilisation, de plaidoyer, de formation.
 
Sur l’approche communautaire avec les populations clés, Daouda Diouf a évoqué "une constance dans leurs interventions, le respect de leurs heures et des stratégies flexibles et mobiles".
 
"La flexibilité, l’anonymat et la gratuité ont permis de les identifier et les orienter vers le système de santé", a dit Daouda Diouf.
 
Partenaire du Luxembourg dans la lutte contre le Sida, Enda Santé a reçu durant 4 jours une délégation conduite par un député accompagné du Directeur régional Afrique de l’Ouest et du Centre de l’Onusida, du Directeur pays et d’autres responsables de l’organisation onusienne.

ADL/ASB