Louga : moins de donneurs de sang à cause du Covid-19
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SENEGAL-SANTE

Louga : moins de donneurs de sang à cause du Covid-19

Louga, 18 sept (APS) - L’hôpital régional Amadou Sakhir Mbaye de Louga a bénéficié de près de 2.000 dons de sang depuis le début de la pandémie de Covid-19, contre 3.000 durant la même période de l’année dernière, a révélé la responsable de la banque de sang de cet hôpital, Coumba Ndama Sarr Diakhaté.
 
 ‘’Actuellement, la banque de sang de l’hôpital a pu [bénéficier] en cette période de Covid-19 [de] presque 2.000 dons contre 2.500, voire 3.000 l’année dernière à pareille date. Il y a donc un manque que nous n’avons pas pu combler’’, a-t-elle dit lors d’un entretien avec l’APS.
 
Elle a rappelé que les collectes se font soit au moyen de la cabine fixe, soit à l’aide de la cabine mobile. ‘’Il y a eu un moment où la banque de sang n’effectuait plus de sorties. Tout se faisait au niveau de la cabine fixe. La maladie a impacté sur notre collecte puisque nous ne pouvions plus aller à Saint-Louis et dans les universités recueillir du sang’’, a expliqué la technicienne supérieure en biologie.
 
   Situation de rupture, les groupes rares très touchés
 
Aujourd’hui, malgré la reprise de la collecte mobile, ‘’la banque de sang est en rupture’’, indique-t-elle.

‘’Le sang ne suffit pas et même si nous en avions en grande quantité, il y a des groupes qui en manquent et qui sont rares comme le 0-. A cela s’ajoute le fait que le sang a une date de péremption d’un mois 5 jours’’, a-t-elle expliqué.
 
En dépit de ces difficultés, souligne-t-elle, la banque de sang peut compter sur l’aide de l’Association régionale des donneurs fidèles de sang de Louga, des écoles, des partis politique et de l’administration de l’hôpital.
 
‘’Le don de sang est un acte bénévole que tout citoyen peut faire s’il est apte, âgé entre 18 et 65 ans et a un poids supérieur à 50 kg’’, a-t-elle rappelé, invitant les populations à cultiver l’habitude d’accomplir ‘’cet acte noble’’.
 
   Moins de donneurs à cause du Covid-19
 
‘’C’est difficile avec le contexte du Covid-19, les gens ne fréquentent plus les hôpitaux. Or, la cabine fixe au niveau de l’hôpital doit être animée tous les jours, mais, malheureusement, les gens ne veulent plus venir de peur d’être en contact avec les malades de Covid-19’’, a déploré Aminata Diallo, la cheffe du serrvice social.
 
Elle a rappelé aux populations qu’il n’y a pas un risque de contact avec les patients du Covid-19. ‘’Les malades de Covid sont dans des services isolés et la banque de sang est à l’entrée de l’hôpital. Il n’y a donc aucun lien entre ces services. Les gens peuvent venir donner de leur sang’’, a-t-elle assuré. 
 
Elle a déclaré que la banque de sang peut compter sur des partenaires comme le centre d’instruction de la gendarmerie de Kébemer, qui a ‘’mis à la disposition de l’hôpital un quota de 177 poches’’.
 
Malgré ces efforts, relève-t-elle, la disponibilité du sang reste un problème, car l’hôpital a grandi. De 13, il est passé à 23 services, tous consommateurs de sang.
 
‘’Nous avons la réanimation, le service de dialyse, le bloc opératoire, les urgences, la maternité. Nous recevons des demandes au moment où le groupe n’est pas disponible. Les groupes rares nous posent beaucoup de problèmes’’, a-t-elle regretté.
 
 
‘’Nous demandons aux populations de venir fréquenter l’hôpital et de prendre en charge ce problème du don de sang. Nous avons un système bien huilé, les techniciens et la compétence qu’il faut’’, a-t-elle rassuré. 
 
  Donner du sang, un geste qui sauve des vies
 
‘’Tu donnes de ton sang aujourd’hui, et demain, c’est peut-être toi qui en aura besoin. Des bébés naissent avec des pathologies, des anémies, des personnes atteintes de cancer, les accidentés de la route. Celui qui donne doit savoir que son sang va sauver ces vies-là’’, a insisté de son côté le biologiste Ibrahima Mbodj.
 
Selon le docteur Mbodj, ‘’un homme peut donner de son sang sur un intervalle de trois mois’’, alors que les femmes doivent le faire sur une période de quatre mois, ‘’à cause de leurs menstruations’’.
 
 
Il a assuré qu’il n’y avait aucun risque à donner de son sang puisque l’organisme du donneur va se régénérer en quelque temps alors que ceux qui ont besoin de ce sang n’ont pas cette possibilité. 
 
‘’Parfois, l’appareil qui produit le sang ne fonctionne pas et eux ils ont besoin de sang de manière permanente’’, a-t-il ajouté.

SK/ASG/BK