Les gouvernants appelés à prévenir davantage
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AFRIQUE-SANTE

Les gouvernants appelés à prévenir davantage "l’ingérence de l’industrie du tabac dans les politiques sanitaires"


De l’envoyée spéciale de l’APS : Sokhna Khadydiatou Sakho

Pretoria (Afrique du Sud), 28 juin (APS) - L’Universitaire américaine Stella Bialous, professeure à l’Université de Californie à San Francisco, a appelé mercredi les gouvernants à travailler à "prévenir l’ingérence de l’industrie du tabac" dans les politiques de santé, en faisant notamment preuve de plus de transparence dans la conduite des affaires publiques.
 
"Il faut s’informer de ce que fait l’industrie du tabac. Dans beaucoup de pays", elle "fait des manigances et personne ne s’en rend compte. Il faut que les gouvernants sachent qui fait quoi et avec qui ils sont", a souligné Stella Bialous, agrégée de l’Ecole des sciences infirmières de l’Université de Californie à San Francisco.
 
Mme Bialous fait partie du groupe d’experts chargés de dispenser une formation de deux semaines (26 juin-7 juillet) à des membres de la société civile et à des chercheurs, journalistes et acteurs de lutte contre le tabac de 11 pays d’Afrique, à savoir le Bénin, le Botswana, l’Ethiopie, le Gabon, la Gambie, le Kenya, la Mauritanie, le Nigéria, l’Ouganda, le Sénégal et le Togo).
 
Cette initiative vise à contribuer à "développer un environnement de contrôle efficace du tabac", sous l’égide de l’Université des sciences de santé Sefako Makgatho de Pretoria (Afrique du Sud).
 
Les gouvernants "doivent opter pour la transparence afin de prévenir l’ingérence de l’industrie du tabac et surtout appliquer l’article 5.3 de la convention-cadre des Nations unies qui met en exergue un groupe de mesures qu’il faut adopter", a indiqué Stella Bialous, dont la communication portait sur "Ingérence de l’industrie du tabac : définition de l’ingérence et utilisation des six catégories et types d’ingérence".
 
"Il ne faut tenir de réunions privées entre industriels et gouvernements ni les laisser participer à des comités de santé publique", a-t-elle recommandé.
 
Revenant sur la définition de l’ingérence, elle explique ce concept fait référence à "un groupe d’activités que l’industrie du tabac emploie pour empêcher le contrôle du tabac. Cela prend beaucoup de formes. Tout ce que l’industrie fait pour empêcher une loi de passer ou d’être appliquée".
 
"L’industrie du tabac peut s’activer dans la responsabilité sociale des entreprises mais en réalité, ce n’est pas du social parce que c’est une industrie qui tue. C’est une manière de donner une bonne image d’eux", a expliqué Mme Bialous.
 
D’autres formes d’ingérence peuvent selon elle exister, le tout étant, pour les industriels du tabac, d’établir "des contacts directs" avec les parlementaires, les ministères de l’industrie, du commerce, de la santé ainsi que des médias pour influencer les décideurs.
 
Elle note par ailleurs que "contrairement aux croyances, le tabac n’est pas une culture africaine". "Les cigarettes sont devenues populaires après la guerre civile américaine, avant l’invention en 1881 par Barsack de la machine de fabrication de la cigarette aux Etats Unis", a-t-elle signalé.
 
Stella Bialous est une ancienne consultante de l’Organisation mondiale de la santé et experte en matière de surveillance de l’industrie du tabac et d’élaboration de politiques visant à lutter contre l’ingérence de l’industrie dans la santé publique. 
 
 
 
 

SKS/BK