Les effets de la pollution de l’air comparables au tabagisme (médecin)
APS
MONDE-SANTE

Les effets de la pollution de l’air comparables au tabagisme (médecin)

+++ De l’envoyée spéciale de l’APS : Adama Diouf Ly+++

Genève, 24 mai (APS) – La pollution de l’air a une incidence sur la santé et le bien être des populations à l’image des effets du tabagisme, a assuré mercredi Dr Maria Neira de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
 
‘’La pollution de l’air sur la santé, c’est comme le tabagisme’’, a dit Dr Neira qui animait jeudi au Palais des Nations de Genève une session sur le thème : ‘’Santé, environnement et changement climatique’’, dans le cadre des travaux de l’Assemblée mondiale de la santé.
 
Les chiffres font état de 12,6 millions de décès par an dans le monde liés à la pollution de l’air, dont 2, 2 millions dans la région africaine et 3,8 millions en Asie du Sud Est, a-t-elle relevé. Selon elle, aucun politicien ne peut dire qu’il ne savait pas. 
 
Dans le monde, 40% des foyers utilisent encore des combustibles encore extrêmement polluants, a ajouté Dr Neira. C’est pourquoi, ‘’il faut un programme mondial pour cibler toutes les sphères de la société [et] espérer atteindre l’Objectif de développement 7 relatif à une source d’énergie saine d’ici 2030’’.
 
Dans ce sens, a relevé le fonctionnaire de l’OMS, il faut faire en sorte que les agents de santé aient une voix de plus en forte dans cette problématique de l’environnement et des changements climatiques au niveau des instances internationales.

D’où l’idée de convier, dans la coalition inter-institutions mise en place à cet effet, la Fédération internationale des étudiants en médecine et les autres segments des professionnels de santé. "Il s’agit d’un ’’mouvement par lequel tous les agents de santé pourront être écoutés pour trouver des solutions’’, a-t-elle avancé.
 
Les pédiatres ont également souligné l’augmentation de plus en plus importante du nombre des cas d’asthme, selon le panéliste. 
 
Pour Dr Neira, il ne s’agit pas seulement de les traiter mais de réduire la pollution de l’air pour les malades de l’asthme. ‘’Faisons en sorte que la planète soit formidable à nouveau’’, a-t -elle lancé.
 
Le représentant de l’Organisations des Nations unies pour l’environnement, Erik Solheim, a pointé du doigt les pays développés qui sont ’’sources de ce problème’’, relevant que les parties prenantes ont 30 ans pour régler le problème, alors que 80% de l’énergie dans le monde est produite à partir du gaz, du pétrole et du charbon. 
 
‘’Il est très important que les Etats soient accompagnés étant donné les activités qui sont entreprises, notamment l’utilisation des combustibles fossiles, les constructions faites dans les îles qui influent sur la qualité de l’air et l’explosion des émissions dues aux véhicules qui ont une incidence directe sur la qualité de l’air’’, a-t-il soutenu.
 
A quelques exceptions près, selon Solheim, il y a peu de volonté politique pour aujourd’hui lier la santé à l’environnement. Au cours des campagnes électorales, a-t-il dit, peu de candidats font état de changements climatiques et de la pollution qui influent pourtant négativement de plus en plus sur la santé des populations.
 
Aux Etats-Unis, en Chine, en Amérique latine, ces questions commencent à émerger, parce qu’elles intéressent les électeurs. 
 
’’Souvent, on fait des efforts pour améliorer la qualité de l’air comme en Chine où on voit l’action la plus déterminante pour l’instant’’, a ajouté le représentant de ONU Environnement.
 
Lors de cette session, plusieurs intervenants ont souhaité que les organisations internationales en charge de la santé, de l’environnement et de la météorologie collaborent au niveau des pays pour travailler sur le plaidoyer de manière à ce que les politiciens, les scientifiques et citoyens aient une bonne base pour remédier au problème.
 
La déclaration ministérielle de la COP 22 à Marrakech avait appelé l’OMS, ONU Environnement et l’Organisation mondiale de la météorologie à créer une coalition mondiale avec les ministères concernés et les principales institutions des Nations unies afin de faire ’’avancer’’ l’application des mesures susceptibles d’atténuer les effets nocifs de la pollution de l’air.
 
Une campagne dénomée ’’Respirer l’air’’ pour communiquer sur la problématique de la pollution de l’air a été lancée.
 
La réunion d’information a également permis de parler du but de la 1ére Conférence mondiale de l’OMS sur la pollution de l’air et la santé, prévue du 30 octobre au 1er novembre à Genève.

ADL/OID/ASG