Un expert préconise que la surveillance des menaces de maladies émergentes zoonotiques soit étendue
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Un expert préconise que la surveillance des menaces de maladies émergentes zoonotiques soit étendue

Dakar, 30 sept (APS) - Le Sénégal doit étendre au niveau national la surveillance des menaces de maladies émergentes zoonotiques liés au comportement humain avec l’animal, a plaidé lundi à Dakar le professeur Daouda Ndiaye, responsable du volet humain du projet USAID-PREDICT, consistant à renforcer les capacités du système de surveillance des maladies humaines et animales dans les régions à haut risque. 

"Le Sénégal doit étendre au niveau national la surveillance des menaces de maladies émergentes zoonotiques liés au comportement humain avec l’animal", a-t-il déclaré.
 
Dans ce sens, "tous les ministères" (Santé, Environnement, Elevage et Sécurité) "doivent travailler en synergie pour y arriver", a indiqué le professeur Ndiaye à l’issue d’un atelier de restitution des résultats de tests de laboratoires effectués 1er septembre dernier.
 
Dans ce cadre, des tests ont été réalisés entre 2017 et 2019 à Sindia (département de Mbour), pour détecter les virus potentiellement pandémiques pouvant se propager à travers le contact entre les animaux et les hommes.
 
Selon le professeur Ndiaye, par ailleurs chef du département parasitologie de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar, "le Sénégal doit continuer à renforcer son système de surveillance avec le personnel de santé en les informant d’éventuels risques mais surtout les communautés par à rapport aux comportements nutritionnels mais également par à rapport au contact avec les animaux zoonotiques".
 
"Les autorités doivent s’approprier ce projet pour que ce que nous avons fait à Sindia soit fait dans l’ensemble du pays, pour anticiper la lutte face à ces maladies que nous avons vues ailleurs comme Ebola pour qu’elles ne puissent pas venir nous créer de problèmes", a-t-il dit.
 
Le projet USAID-PREDICT, financé et lancé en 2009 par le gouvernement américain, est mis en œuvre au Sénégal à partir de 2019, grâce à un partenariat entre l’Université de Californie à Davis (UC DAVIS) et l’UCAD.
 
Il est axé "sur la surveillance épidémiologique des menaces de maladies émergentes liés aux comportements au niveau des communautés où nous voyons des risques de maladies émergentes zoonotiques liés au comportement humain avec l’animal", a expliqué le chercheur sénégalais.
 
Le rôle du projet PREDICT "était de faire une investigation, non pas pour une pris en charge des cas mais pour anticiper sur d’éventuelles maladies qui pouvaient survenir au Sénégal", a-t-il renseigné.
 
Il a fait part des résultats de l’étude effectuée à Sindia entre 2017et 2019, lesquels ont permis "de voir que les virus détectés au niveau communautaire et des postes de santé sont le virus influenza qui sont responsables de rhume et des syndromes respiratoires qui ne sont pas de réelles menaces". 
 
"300 personnes ont été inclues dans cette étude et plus de 600 individus au niveau communautaire identique sur l’aspect faune où plus de 600 animaux ont pu être étudiés", a poursuivi le professeur Daouda Ndiaye. 
 
Il a salué l’expertise sénégalaise ayant participé à cette étude, soulignant que "ce programme est le premier de ce genre’’ à être mis en œuvre au Sénégal "contrairement à d’autres pays où les échantillons ont été envoyés aux Etats-Unis pour manipulation".
 


DS/BK