Le public finance moins de 50% des dépenses de santé (expert)
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Le public finance moins de 50% des dépenses de santé (expert)

De l’envoyée spéciale de l’APS : Adama Diouf Ly

Ouagadougou, 23 nov (APS) - Le financement des services de santé par le public relève plutôt du ’’mythe’’ dans la mesure où il représente moins de 50 pour cent des dépenses du secteur, a soutenu le chargé du partenariat public-privé à l’Organisation ouest africaine de la santé (OOAS), Mbaye Sylla Khouma.
 
"C’est un mythe de croire que le public finance en grande partie les dépenses de santé, en réalité c’est moins de 50%, le reste est financée par l’argent des ménages", a expliqué M. Khouma.
 
Il présentait une communication sur le partenariat public-privé dans le secteur de la santé, lors de la 3e Rencontre du réseau des communicateurs en santé de la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest, clôturé jeudi à Ouagadougou, au Burkina Faso.
 
"On croit que le secteur privé n’est pas très développé dans la plupart des pays africains, alors qu’il joue un grand rôle dans le financement des services de santé", a fait valoir le chargé du partenariat public-privé à l’Organisation ouest africaine de la santé.
 
Selon lui, le privé "fournit au moins 30% des services dans la majorité des cas, avec plusieurs secteurs qui sont totalement sous son contrôle", citant l’ophtalmologie, la santé bucco-dentaire, les laboratoires, les vaccins entre autres.
 
Au cours des décennies écoulées, "l’usage du partenariat public-privé a gagné en importance et comme stratégie efficace pour atteindre des objectifs globaux en services de santé", a-t-il noté.
 
"Il y a une connaissance de plus en plus forte que le privé médical peut augmenter sa participation pour améliorer le système de santé dans les pays en développement", a souligné Mbaye Sylla Khouma. 
 
Il rappelle toutefois qu’un partenariat public-privé (PPP) "est différent de la privatisation", à la faveur de laquelle le secteur privé "prend totalement possession des infrastructures et du management", précisant que dans le cadre d’un PPP, "la responsabilité de la qualité du service au public incombe toujours au gouvernement".
 
"Il ne s’agit pas de remplacer le secteur public par le secteur privé mais de faire travailler les deux sous la supervision du secteur public", a indiqué Mbaye Sylla Khouma.
 
Selon son chargé du partenariat public-privé, l’Organisation ouest africaine de la santé a pour vision de "bâtir des systèmes de santé résilients dans la zone CEDEAO à travers un partenariat gagnant entre le secteur privé et privé, et offrir aux populations des services répondant aux standards internationaux".
 
Elle compte, dans cette perspective, "capter les ressources et les capacités managériales du privé pour transformer les systèmes de santé de l’Afrique de l’Ouest".
 

ADL/BK