Le CUSS menace d’aller en grève si la tutelle ne rouvre pas les négociations
APS
SENEGAL-SANTE-SOCIAL

Le CUSS menace d’aller en grève si la tutelle ne rouvre pas les négociations

Thiès, 19 déc (APS) - Le Cadre unitaire des syndicats de la santé pour la justice sociale (CUSS/JS) a menacé jeudi à Thiès, de lancer un mouvement de grève d’avertissement, le 31 décembre, si le ministère de tutelle ne rouvre pas les négociations pour examiner le préavis déposé depuis le 31 décembre 2018.
 
’’Le mardi 31, il n’y aura aucune intervention chirurgicale sur l’ensemble du territoire national, ce sera la même chose pour les analyses, le service de la radiologie et même de la dialyse’’, sauf pour les urgences, a dit Cheikh Seck, secrétaire général du Syndicat des travailleurs de la santé, membre du CUSS/JS.
 
Il s’adressait à la presse après une réunion à l’Hôpital régional Elhadj Amadou Sakhir Ndiéguène de Thiès. Etaient représentés à cette rencontre les cinq syndicats membres de cette centrale syndicale. Le SUTSAS dont ils espèrent qu’il va rejoindre le mouvement, était aussi présent à travers le secrétaire de l’union régionale de Thiès, Pape Mor Ndiaye. 
 
Le CUSS regrette le fait que le ministre de la Santé n’a pas respecté sa promesse, de février 2019, de reprendre, après l’élection présidentielle, les négociations entamées en fin 2018 et début 2019.
 
En outre, il ‘’refuse systématiquement de répondre’’ aux correspondances des syndicalistes. Trois courriers successifs de relance, lui ont été adressés, sans suite. Les syndicalistes assimilent cette attitude du ministère à un ‘’manque de respect notoire’’ à leur égard, et dénoncent ce qu’ils appellent une ‘’politique du pourrissement’’.
 
La plateforme du CUSS avait été discutée au plus haut niveau, avant la présidentielle, certaines rencontres ayant été présidées par l’ancien premier ministre Mouhamed Boun Abdallah Dionne. ‘’A l’arrivée, on a réglé le problème d’une catégorie en laissant les autres’’, a dit Cheikh Seck, faisant allusion au SAMES (Syndicat autonome des médecins du Sénégal), qui a obtenu gain de cause. 
 
Les revendications du CUSS/JS ont trait au plan de carrière de ses agents. Ils protestent aussi contre le ‘’traitement discriminatoire’’ entre agents du secteur, la ‘’précarité des emplois par l’utilisation abusive des contrats’’, le non-reclassement des infirmiers sages-femmes dans leurs nouveaux corps d’accueil, etc.
 
Cette situation intervient dans un contexte de ‘’grogne sourde des populations face aux déficits de toutes sortes’’, en termes de médicaments, de consommables, d’équipements, de personnels qualifiés, de budgets, d’infrastructures, etc., notent-ils dans un document. 
 
Pendant ce temps, le ministère ‘’recrute du personnel dont (le secteur) n’a pas du tout besoin’’, s’offusque Cheikh Seck. Sur 100 agents recrutés le 1-er avril, ‘’il n’y a ni sage-femme, ni infirmier, ni médecin’’, déplore-t-il, notant que moins de 30% des personnels en service sont en contact direct avec les malades.
 
Aussi, les responsables dénoncent-ils une ‘’bureaucratie’’ qui fait entrave à la bonne marche des hôpitaux, et une stratégie visant en priorité à ‘’capter des fonds’’ étrangers, à travers des campagnes de vaccination non prioritaires. 
 

ADI/OID