Le continent confronté à un
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SENEGAL-SANTE

Le continent confronté à un "risque sérieux d’inversion des acquis sur le paludisme" (OMS)

Diamniadio (Dakar), 16 avr (APS) - Le continent est aujourd’hui confronté à un "risque sérieux d’inversion des acquis engrangés" dans la lutte contre le paludisme avec une augmentation du nombre des cas a indiqué, lundi à Dakar, la représentante du Bureau Afrique de l’Organisation mondiale de la Santé (WAHO), le docteur Magda Rubalo.
 
 
"Nous sommes désormais confrontés au risque sérieux d’inversion des acquis engrangés au cours de la dernière décennie d’actions notamment la mise en œuvre des interventions de lutte contre le paludisme et la mobilisation des ressources" a dit Dr Rubalo qui a lu le message de la Directrice Afrique de l’OMS, à la 7e Conférence de l’Initiative multilatérale contre le paludisme (MIM).
 
"Le rapport mondial 2017 sur le paludisme indique que la région africaine a enregistré 194 millions de nouveaux cas en 2016 et 8 pays africains affichaient une incidence palustre de plus de 20%", a-t-elle fait noter. 
 
Pour Dr Rubalo, "le paludisme constitue un problème de santé publique en Afrique où 14 pays ploient sous la plus lourde charge du paludisme et supporte 80% du fardeau de cette maladie". 
 
En effet, citant quelques exemples, elle a fait part de la baisse de la couverture de la pulvérisation intra-domiciliaire dans la région africaine, qui passe de 80 millions de personnes protégées en 2010 à 45 millions en 2016.
 
Il est constaté également depuis quelques années, selon la représentante de WAHO, "un faible taux d’adoption et d’achèvement du traitement préventif intermittente pendant la grossesse avec moins de 20% de femmes éligibles qui reçoivent les trois doses".
 
Le financement de la lutte contre le paludisme, en particulier en provenance des ressources nationales baissent de plus en plus depuis 2014 dans de nombreux pays à lourde charge de morbidité palustre. Alors que ce financement est largement insuffisant pour "combler les besoins en matière de prévention et de contrôle durable" a-t-elle souligné.
 
"Si nous avons l’ambition d’éliminer le paludisme il faudra accepter de faire beaucoup plus, de façon plus rigoureuse, plus dynamique et plus déterminée" a fait remarquer Magda Rubalo.

Qui reconnaît l’énorme contribution que la conférence MIM apporte à l’avancement de la lutte contre le paludisme depuis des années. 
 
"Nous pouvons vaincre le paludisme de notre vivant. Notre génération peut le faire mais un tel succès demande un leadership au plus haut niveau" selon la directrice régionale de WAHO.
 
Pour cela, elle a appelé à "un leadership capable de prendre des engagements audacieux pour converger vers un monde sans paludisme". Magda Rubalo a, à ce niveau, réitéré "les appels de plus en plus pressants lancés aux dirigeants pour qu’ils passent des promesses aux actions".
 
La recherche, l’innovation et l’environnement favorable ont "un rôle prépondérant à jouer dans l’atteinte de l’objectif d’un monde sans paludisme".
 
En 1997, les chefs d’Etat et de gouvernements qui avaient lancé l’Initiative africaine de lutte contre le paludisme au Sommet de l’Organisation de l’Union Africaine à l’époque, à Hararé, avaient eu "la juste ambition d’en venir à bout du paludisme".

Le Sénégal accueille pour la deuxième fois la Conférence MIM après sa première édition en 1997. La Conférence qui a démarré dimanche au Centre International de Conférences Abdou Diouf (CICAD) sur le thème : "Dakar II : deux décennies de progrès, défis et perspectives pour mettre fin au paludisme" s’achève jeudi prochain.
 

ADL/PON