Le CEPIAD doit être vulgarisé auprès des praticiens du droit (procureur)
APS
SENEGAL-SANTE

Le CEPIAD doit être vulgarisé auprès des praticiens du droit (procureur)

Kaolack, 28 juin (APS) - Le Centre de prise en charge intégrée des addictions de Dakar (CEPIAD) doit être connu et ‘’vulgarisé auprès des praticiens du droit’’ qui doivent s’en approprier, a estimé le Procureur du Tribunal de Kaolack, Abdoulaye Sylla, appelant aussi à le reproduire dans les régions pour une meilleure prise en charge des consommateurs de drogue.
 
‘’Le centre doit être vulgarisé auprès des praticiens du droit qui doivent mettre des fois en avant, le côté sanitaire et social en lieu et place de la répression’’, a-t-il dit. 
 
Il recevait vendredi au Tribunal de grande instance de Kaolack une caravane de sensibilisation sur la réduction des risques chez les consommateurs de drogues injectables de l’Alliance des communautés pour la santé (ANCS).
 
Le Centre de prise en charge des addictions de Dakar, ouvert en 2015, offre une prise en charge ambulatoire aux consommateurs de drogue. Le centre dispense ainsi un traitement de substitution orale pour les consommateurs d’héroïne, de cocaïne et de crack, pour les aider à mettre fin à leur dépendance.
 
Le Procureur de Kaolack juge qu’‘’il est important que le CPIAD soit connu mais également démultiplié dans les régions avec un lien entre le parquet afin que certains consommateurs de drogue concernés par ces problèmes, soient orientés vers ces structures de prise en charge des addictions’’.
 
‘’Dans notre pratique quotidienne, on se rend compte que, pour certains consommateurs de drogue, leur place ce n’est pas la prison mais une structure de santé spécialisée’’, a-t-il fait remarquer. 
 
‘’Cela ne peut que nous faciliter notre travail’’, a-t-il insisté devant la délégation d’une vingtaine de personnes dirigée par le coordonnateur du Programme régional de réduction des risques de transmission du VIH, de la tuberculose et des hépatites chez les consommateurs de drogue injectable (PARECO), en présence de représentants du Burkina, de la Côte d’Ivoire, du Cap Vert et de la Guinée Bissau.
 
Le procureur a ainsi suggéré au Programme de ‘’continuer la caravane’’ pour sensibiliser ses autres collègues sur ‘’cette problématique de haute portée sociale mais également sur le CPIAD et les autres unités de soins de même nature’’.
 
 
Dans sa présentation devant le procureur, le coordonnateur du programme, Alioune Badara Sow, a rappelé que le Sénégal a signé la convention des Nations unies de 1961, relative aux stupéfiants et celle de 1988 sur la répression du trafic illicite de drogue. 
 
Avec ces conventions, a-t-il souligné, il y a possibilité, à travers ‘’l’injonction thérapeutique’’, de réaliser la réduction des risques de transmission de maladies chez les usagers de drogue. 
 
‘’Seulement, l’application pose problème chez les praticiens du droit qui mettent l’accent davantage sur la répression que sur la possibilité d’offrir le traitement aux consommateurs de drogue qui en ont besoin au lieu de les envoyer en prison’’, a-t-il dit.
 
C’est pourquoi, dans le programme, beaucoup d’agents de la police et de la gendarmerie ont été formés pour identifier les personnes en garde à vue faisant des crises d’addiction au niveau des postes. 
 
Des kits sont mis à leur disposition pour leur prise en charge avant de les référer au niveau des unités de soins adéquates.
 
Partie prenante de la caravane, le coordonnateur du centre Jacques Chirac, premier centre communautaire de prise en charge des consommateurs de drogue, s’emploie à discuter avec les détenus pour faits d’usage de drogue dans les maisons d’arrêt et de correction de Fatick et Kaolack, premières étapes de la caravane qui sera samedi à Ziguinchor.

ADL/ASG