La région de Thiès passe de 22.000 à 6.000 cas de paludisme entre 2016 et 2017 (responsable)
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SENEGAL-PALUDISME-SITUATION

La région de Thiès passe de 22.000 à 6.000 cas de paludisme entre 2016 et 2017 (responsable)

Thiès, 27 avr (APS) - La région de Thiès (ouest) a connu une nette diminution des cas de paludisme, passés de 22.940 en 2016 à 6.767 en 2017, a indiqué son médecin-chef le docteur Malick Ndiaye.

"On a constaté une nette diminution des cas de paludisme. De 22.940 cas en 2016, nous sommes tombés à 6.767 cas en 2017. Ce qui fait une baisse importante de 16.173 cas en moins", a-t-il dit dans un entretien avec l’APS.
 
Selon le docteur Ndiaye, en 2015, la région de Thiès était à "plus de 30.000 cas" de paludisme. 
 
Le taux de morbidité palustre, désignant le nombre de consultations pour raison de paludisme, est à 1,56 %. Il y a quelques années, vers le mois d’octobre, au moins 50% des cas de morbidité étaient liés à cette infection, note-t-il.
 
L’incidence du paludisme – nombre de cas dans la population générale – est de 3,39 pour 1.000 personnes, a poursuivi le responsable sanitaire. 
 
Cette baisse du nombre de cas, de l’ordre de plus de 70%, a été plus importante dans les trois districts de Mékhé, Pout et Popenguine, où on est "presque en phase de pré-élimination", a-t-il indiqué.
 
Dans le district de Mékhé, pour une population de près de 100.000 habitants, seuls 55 cas de paludisme ont été dénombrés en 2017, à Pout, sur plus de 100.000 habitants, il y a eu 200 cas de paludisme, a-t-il dit, ajoutant qu’à Popenguine, "sous peu la maladie sera contrôlée".
 
Si l’on en croit le docteur Ndiaye, la distribution de masse des moustiquaires imprégnées à longue urée d’action (MILDA), la gratuité des soins, mais aussi la prise en charge à domicile (PECADOM) comptent parmi les stratégies ayant permis d’atteindre ces résultats.
 
S’y ajoutent la prévention chez les femmes enceintes et la sensibilisation. 
 
Les "résistances" à l’utilisation de la MILDA, notées auparavant, ont été également surmontées, et aujourd’hui, "98% des personnes dorment sous moustiquaires", grâce au financement de la Banque islamique de développement (BID), a signalé le docteur Ndiaye.
 
"On espère contrôler le paludisme dans les districts de Mékhé, Khombole et Popenguine d’ici 2020", à tel point que toute personne qui le contractera, l’aura contracté ailleurs, a-t-il fait valoir, disant préférer le terme "contrôle" à celui d’élimination du paludisme. 
 
"On ne peut pas éliminer une maladie", a-t-il souligné, avant de faire observer que les districts de Thiès, Mbour et Tivaouane concentrent, à ce jour, les plus importants cas de paludisme de la région. 
 
"Ce sont de grandes villes confrontées à des problèmes d’assainissement, qui ne relèvent pas des compétences des autorités sanitaires", a expliqué le docteur Malick Ndiaye. 
 
Pour ce qui est des perspectives, il annonce que la région médicale de Thiès compte distribuer 1,3 million de moustiquaires en 2018, tout en continuant la sensibilisation et la gratuité.
 

ADI/BK