La PF, un ’’facteur essentiel’’ de capture du dividende démographique (BM)
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MONDE-SANTE

La PF, un ’’facteur essentiel’’ de capture du dividende démographique (BM)

+++ De l’envoyée spéciale de l’APS : Adama Diouf Ly+++

Kigali, 13 nov (APS) - La vice-présidente en charge du développement humain au sein de la Banque mondiale, Annette Dixon, a appelé mardi à Kigali, les gouvernants à considérer l’investissement dans la planification familiale comme un moyen de facilitation de l’accès au dividende démographique.

‘’Il faut considérer l’investissement dans la planification familiale comme une facilitation pour l’obtention du dividende démographique par l’éducation des enfants, la santé des familles et le développement économique’’, a-t-elle notamment déclaré.

La responsable de la Banque mondiale intervenait lors d’une plénière organisée au Centre de conférences de Kigali qui abrite la cinquième Conférence internationale sur la planification familiale.
 
La Banque mondiale cherche aujourd’hui ‘’à prêcher avec force au niveau des pays de la nécessité de s’atteler à la lutte contre la pauvreté’’, a-t-elle ainsi souligné, évoquant ‘’un retour sur investissement considérable’’.

Dans son intervention, Annette Dixon, a démontré la manière dont le concept de dividende démographique a été intégré dans le Programme de développement du capital humain du groupe de la Banque mondiale (BM).

‘’Les sociétés qui encouragent les filles à rester à l’école, qui permettent aux femmes et filles d’avoir accès aux soins de santé, d’avoir un plus grand nombre de femmes dans le marché de l’emploi, sont dans la voie d’un développement économique inclusif et durable’’, a-t-elle fait valoir, en citant notamment le Sénégal, les Philippines et le Rwanda.

‘’Ces pays adoptent cette approche pour faire en sorte que les femmes puissent participer pleinement à l’économie et au bien-être de toute la société’’, a expliqué Annette Dixon.

Le capital humain représente 70 % des ressources dans les pays développés alors qu’il n’est que de 40 % dans d’autres pays, a-t-elle rappelé non sans préconiser une inversion de ce cercle vicieux par le biais d’un accroissement des investissements au profit des secteurs de la santé de la reproduction et de l’éducation.
 
Une croissance élevée de revenus peut être tirée de la planification familiale avec pour ‘’chaque dollar investi, une épargne de haut niveau de 120 dollars’’, selon Dixon.

Pour conforter cette position de la BM, le ministre rwandais de l’Economie et de la Planification Uzziel Ndagijimana a fait part de l’option de son pays d’intégrer une politique de planification familiale dans la stratégie nationale pour la transformation économique.

‘’La santé reproductive a un impact certain sur la famille et sur toute l’économie avec des investissements qui ont l’avantage de renforcer les mécanismes de retour d’informations sur les efforts menés’’, a-t-il ainsi soutenu.

Selon l’officiel rwandais, cette politique de capture du dividende démographique inclut l’accès à la qualité de l’éducation, aux soins de santé par le biais d’un programme spécial dédié à la lutte contre la malnutrition.

‘’Ce programme prend notamment en charge les femmes enceintes s’agissant de la question de la démographie sous l’angle de la planification en faisant en sorte que les produits de la planification soient disponibles pour une grande hausse du recours à la contraception’’, a-t-il fait savoir.

De son côté, Hans Peter Kohler, professeur de démographie à l’Université de Pensylvanie, a présenté l’investissement dans la santé sexuelle et reproductive combiné à d’autre politiques complémentaires ‘’comme un important investissement’’.

L’universitaire a ainsi considéré le dividende démographique comme ‘’un élément de l’ensemble des questions de développement qui met en primauté l’accent sur l’éducation, la santé, l’inclusion financière, l’emploi des jeunes et l’accroissement de l’accès des jeunes au marché de l’emploi’’.

Il en a été ainsi de la plupart des interventions à cette session de la cinquième Conférence internationale sur la planification familiale. L’impératif pour les pays en développement d’améliorer les conditions d’éducation et de la PF dans les politiques de développement est revenu comme un leitmotiv.


ADL/AKS