La gestion de l’hygiène menstruelle
APS
SENEGAL-SANTE

La gestion de l’hygiène menstruelle "pas bien prise en compte" dans les politiques publiques (étude)

Dakar, 31 oct (APS) - Une étude de l’organisation SpeakUp Africa, dont les résultats ont été présentés mardi à Dakar, met en évidence la non-prise en compte de la gestion de l’hygiène menstruelle (GHM) dans les documents de politiques publiques des secteurs de la santé, de l’éducation, de l’assainissement et de l’hydraulique.
 
Les problèmes rencontrées par les femmes pour accéder à "des toilettes propres et situées en lieu sûr pendant leurs menstruations perpétue la honte et la peur", avec à long terme, des répercussions possibles sur la santé, l’éducation ainsi que les conditions de vie des jeunes filles et des femmes, analysent les auteurs de cette étude.
 
L’enquête et l’analyse des documents de politiques publiques des secteurs concernés "ne mentionnent pas de façon explicite les besoins spécifiques des jeunes filles et femmes pendant les menstrues", note cette étude conduite de juillet à août 2017 dans les zones péri-urbaines de la région de Dakar, dont les départements de Pikine et Guédiawaye.
 
Au sein des écoles par exemple, l’étude renseigne qu’une fille sur dix "ne va pas à l’école pendant son cycle menstruel, ce qui correspond environ à 20% du temps scolaire perdu sur une année". 
 
"A l’arrivée de leurs menstrues, bon nombre’ d’écolières "abandonnent complètement l’école. Intrinsèquement lié à la problématique d’accès à l’eau et à l’assainissement la question de l’hygiène menstruelle demeure un sujet tabou dans plusieurs pays, y compris l’Afrique de l’Ouest et du Centre où certaines croyances et mythes influencent la vie quotidienne des femmes", fait valoir cette étude.
 
Dans les écoles, marchés, les maisons, gares routières, centres de santé et administrations publiques et privées visitées par les enquêteurs, "les femmes et jeunes filles ne trouvent pas les conditions adéquates pour gérer leurs menstrues, a expliqué a expliqué le consultant de l’étude, Baye Cheikh Touré.
 
Une mauvaise hygiène menstruelle peut entraîner des infections ou des maladies de l’appareil génital, a souligné le consultant, avant d’évoquer son impact sur l’assainissement et l’environnement, avec des déchets menstruels "encore trop souvent éliminés dans des latrines ou des toilettes par souci de discrétion ou par manque d’espace". 
 
Cette enquête faisant état de d’actions isolées en la matière, fait suite à la campagne lancée en 2016 et dénommée "Menstrues sans tabou", dont l’ambition était de contribuer à "un éveil de conscience des populations sur le rôle que joue la gestion de l’hygiène menstruelle dans l’atteinte du plein potentiel des femmes et des jeunes filles", selon Yacine Djibo, directrice exécutive de SpeakUp Africa.
 
Cette étude visait à évaluer l’intégration de la dimension genre dans les documents de politiques et dans la construction des infrastructures publiques, a-t-elle signalé.
 
Ses résultats devraient permettre de d’avoir un document de plaidoyer pour "améliorer les connaissances, attitudes et pratiques en matière d’hygiène menstruelle et hisser la gestion de l’hygiène menstruelle au rang de priorité dans la politique de santé publique et ainsi susciter un engagement des autorités".
 
SpeakUp Africa veut de cette manière démultiplier les actions et les outils de plaidoyer pour une prise en compte effective de la GHM dans les politiques publiques.
 

ADL/BK