Hémophilie : l’ASH pour une gratuité des traitements
APS
SENEGAL-SANTE-PLAIDOYER

Hémophilie : l’ASH pour une gratuité des traitements

Thiès, 17 avr (APS) - Le président de l’Association sénégalaise des hémophiles (ASH) Abdoulaye Loum a plaidé mercredi à Thiès pour une gratuité des protéines à base de facteurs de coagulation, utilisés pour traiter les patients hémophiles.

"Le traitement est très coûteux et heureusement depuis la création de l’association, nous recevons des dons de la Fédération mondiale (de l’hémophilie) à laquelle l’association sénégalaise est affiliée", a noté M. Loum en marge de la célébration de la Journée mondiale de l’hémophilie, au conseil départemental de Thiès. 
 
"Depuis que nous célébrons la Journée mondiale, c’est le même appel que nous lançons au gouvernement pour la prise en charge par rapport aux facteurs (de coagulation)", a relevé le responsable.
 
Soulignant qu’à ce jour, 239 cas sont détectés sur un total estimé à 1600 à travers le Sénégal, il estime que ce nombre "ne doit pas être difficile à prendre en charge".
 
 "Nous lançons à nouveau, puisque nous l’avons fait l’année dernière et l’année d’avant, l’appel au gouvernement pour la prise en charge et pour qu’il puisse acheter les facteurs", a insisté Abdoulaye Loum. 
 
Une quantité a été achetée et réceptionnée par la Pharmacie nationale d’approvisionnement (PNA), a-t-il indiqué, ajoutant que les patients ne parviennent toutefois pas encore à en disposer "parce que le mode de paiement et celui qui doit payer n’ont pas encore été définis".
 
"Notre plaidoyer, c’est de faire en sorte que ces médicaments soient gratuits", a poursuivi Abdoulaye Loum, selon qui "il y a des choses qui sont en train de se dire, mais il n’y a rien de concret, (…) nous attendons".
 
Le flacon d’1mg coûte 300.000 à 350.000, et le dosage du médicament est prescrit en fonction de l’âge du patient, explique-t-il.
 
Un patient pesant 50 kilos devrait acheter dans les 2.000 flacons. L’Etat devrait faire un effort pour au moins nous permettre d’avoir une certaine quantité sur l’année, a-t-il poursuivi.
 
Le président de l’ASH note que tous les médicaments utilisés en ce moment par les hémophiles sont constitués de dons de la Fédération mondiale de l’hémophilie. "Et si le donateur décide un beau jour d’arrêter ?", s’est-il interrogé.
 
Pour le Professeur Saliou Diop, directeur du Centre national de transfusion sanguine (CNTS), il faut dépenser 400.000 francs CFA pour arrêter le saignement d’un enfant de 20 kilos.
 
Le médecin-chef de la région de Thiès, le docteur Malick Ndiaye, qui présidait la cérémonie d’ouverture, avait signalé au cours de son intervention que le gouvernement avait acheté des facteurs anti-hémophiles qui sont stockés à la PNA, non sans admettre qu’il "subsiste des problèmes dans la distribution". 
 
Il avait ajouté toutefois que l’Etat met en œuvre des "efforts considérables pour rendre les médicaments accessibles" et qui constituent "un traitement lourd’’ pour les familles.
 

ADI/BK