A Fatick, les personnes atteintes du Covid-19 ont peur de la stigmatisation (psychiatre)
APS
SENEGAL-SANTE

A Fatick, les personnes atteintes du Covid-19 ont peur de la stigmatisation (psychiatre)

Fatick, 26 mai (APS) – La peur de la stigmatisation est le principal facteur de stress chez les deux personnes infectées par le coronavirus dans la région de Fatick (centre), affirme le psychiatre Khadim Fall, sur la base d’entretiens avec elles.

 
‘’Les discussions que nous avons eues avec les deux patients atteints de Covid-19, dans le cadre de leur suivi psycho-social, ont montré la peur de la stigmatisation chez eux’’, dit M. Fall, coordonnateur de la cellule régionale de soutien psychosocial de Fatick.
 
‘’Nous sommes arrivés à comprendre, à travers leurs confessions, [qu’ils ont] peur d’être stigmatisés dans leur milieu social, ils ont peur aussi que leurs proches mis en quarantaine soient aussi victimes de la stigmatisation’’, a ajouté le médecin dans un entretien avec l’APS.
 
Un homme âgé de 43 ans a été testé positif au Covid-19 dans la commune de Diakhao, située à une vingtaine de kilomètres de la ville de Fatick, où un autre cas de coronavirus a été recensé plus récemment.
 
Les patients ont fait part à la cellule régionale de soutien psychosocial de ‘’leurs craintes, angoisses et peurs de contaminer leurs entourages, leurs proches et leur famille. Leur souhait, c’est que la maladie épargne leurs proches’’, a expliqué Khadim Fall.
 
Testés positifs au coronavirus, deux hommes de la région de Fatick, âgés de 43 et 55 ans, étaient dans le ‘’déni de la maladie’’ au début de leur prise en charge psychosociale, selon le médecin. ‘’Les sujets atteints de Covid-19 étaient dans une forme de déni, une réaction psychologique normale par rapport à une réalité insupportable associée à la mort, à la maladie ou à la stigmatisation’’, a-t-il souligné.
 
‘’Mais, grâce au travail de prise en charge et de suivi psychologique entrepris depuis lors par la cellule régionale, leur état psychologique est devenu plus stable. Les patients se portent mieux et poursuivent correctement leur traitement’’, s’est réjoui le psychiatre.
 
Chez les personnes identifiées comme étant des ‘’contacts’’ des deux patients et mises en quarantaine, ‘’le facteur de stress et d’inquiétude étaient lié principalement à la peur d’être contrôlés positifs au coronavirus, mais aussi à la stigmatisation dans leur milieu social, au terme de leur quarantaine’’, a expliqué Khadim Fall.
 
Les résultats des entretiens de la cellule régionale de soutien psychosocial avec les deux patients ont permis de mettre en place ‘’un dispositif’’ de prise en charge psychosociale et d’accompagnement des cas ‘’contacts’’, qui ont regagné leur domicile après avoir été contrôlés négatifs à la fin de leur quarantaine.
 
‘’Nous sommes toujours en contact avec les proches et les membres du patient de Diakhao’’, a assuré M. Fall, parlant du cas de coronavirus recensé dans cette commune.
 
Selon son coordonnateur, la cellule régionale de soutien psychosocial fournit une assistance psychologique aux personnes infectées par le coronavirus, aux cas ‘’contacts’’ et aux voyageurs ‘’suspects’’ arrivant dans la région.

AB/ESF/ASG