Diourbel : pour la formation des populations sur les violences basées sur le genre
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SENEGAL-SANTE

Diourbel : pour la formation des populations sur les violences basées sur le genre

Bambey (Diourbel), 8 déc (APS) – La chargée du suivi-évaluation au projet "Neema" de l’USAID, Mbayang Guèye Sall a souligné, jeudi à Bambey (Diourbel), la nécessité de disposer d’un plan d’action et de communication pour davantage former les populations sur les violences basées sur le genre.


La sensibilisation et la formation des populations sur la problématique sont d’autant utiles qu’il "est confirmé que les trois districts sanitaires de la région de Diourbel accueillent souvent des femmes et filles victimes de violences de toutes sortes", a-t-elle dit.

Mme Sall s’exprimait à l’ouverture au centre des handicapés de Bambey d’un atelier sur les voies et moyens pour accentuer la lutte contre le phénomène.

"Le constat est que toutes les formes de violences (psychologiques, physiques, viols, agressions, mariages précoces) faites aux femmes et aux jeunes filles existent à Bambey" a souligné la chargée du suivi-évaluation au projet "Neema".

"Les violences exercées sur les femmes handicapées sont de plusieurs ordres" a, pour sa part, retenu la présidente des associations de personnes vivant avec un handicap, Diaw Ndiaye.

Selon elle, "les femmes handicapées peinent à trouver un époux, à fonder un foyer. Elles se heurtent aussi souvent à la non reconnaissance de leurs enfants par leurs propres pères et à diverses autres discriminations, etc.".

Diaw Ndiaye qui a appelé à faciliter l’accès à l’emploi des handicapées ayant reçu des formations a également dénoncé "l’inexistence de rampes dans certaines infrastructures et la mise à l’écart dans les financements octroyés par l’Etat pour les couches vulnérables".

Pour sa part, le médecin-chef du district sanitaire de Diourbel, le docteur Al Gaye Ngom a laissé entendre que "les violences physiques ont diminué mais il reste encore certains problèmes dans le cadre des violences sexuelles".

"Chaque mois, il y’a des accouchements de jeunes filles âgées entre 13 et 15 ans victimes de grossesse précoce et qui parfois perdent la vie" a dit Dr Ngom qui a invité les travailleurs sociaux à davantage s’impliquer dans la gestion de ses cas de grossesses précoces.

Le chef du service départemental de l’Action sociale de Mbacké, Thiendella Fall a lui souligné que "le sujet sur les violences faites aux femmes et jeunes filles est très sensible au vu de la spécificité du département".

"Il y a une certaine pudeur qui ne permet pas d’aller au fond des choses" a-t-il dit, reconnaissant l’existence de "quelques cas de violences et viols exercés sur les femmes et jeunes filles au niveau du département".

Thiendella Fall a rappelé que "l’ONG Centre de guidance contre la délinquance juvénile a recensé entre 2016 et août 2017, 42 cas de violences ou viols exercés des enfants dans la périphérie de Touba et la commune de Mbacké".

Face à ce phénomène, il a été mis en place le comité départemental de protection de l’enfant essaie de promouvoir les droits des enfants et une plateforme de lutte contre les violences basées sur le genre regroupant les organisations de femmes, la justice et autres acteurs engagés dans cette lutte, a-t-il dit.


ID/PON