Des médecins minimisent le risque d’effets indésirables du vaccin AstraZeneca
APS
SENEGAL-SANTE

Des médecins minimisent le risque d’effets indésirables du vaccin AstraZeneca

Dakar, 16 mars (APS) – Des médecins sénégalais jugent faible le risque d’hémorragie ou de coagulation sanguine lié au vaccin AstraZeneca et recommandent de continuer à l’utiliser pour la campagne de vaccination contre le Covid-19 au Sénégal.
 
Des personnes ayant reçu une injection de ce vaccin mis au point par un laboratoire suédo-britannique ont développé des problèmes de coagulation sanguine pouvant empêcher la circulation du sang dans les veines. Ces problèmes peuvent, s’ils s’aggravent, entraîner un arrêt cardiaque ou une embolie pulmonaire, selon des sources médicales.
 
‘’Dans cette campagne de vaccination contre la Covid-19, lancée au Sénégal depuis le 25 février, le pour l’emporte nettement sur le contre, concernant l’administration du vaccin AztraZeneca’’, a soutenu le médecin urgentiste Boubacar Signaté.
 
‘’Je ne sais pas ce que le ministère décidera quant à la poursuite de l’usage de ce vaccin, cela dépendra des données de la science, mais je continue à penser qu’il faut continuer à vacciner avec tous les vaccins disponibles en ce moment’’, a ajouté M. Signaté dans un post Facebook.
 
A ce jour, l’Agence européenne des médicaments (EMA) a recensé 30 cas de thrombose chez les quelque 5 millions de personnes qui ont reçu une dose du vaccin en question, a indiqué le médecin urgentiste de SOS Médecins, à Dakar.
 
Pour qu’il y ait des craintes concernant le vaccin, ‘’il faut d’abord démontrer qu’il y a une augmentation des cas de thrombose depuis le début de la campagne de vaccination, par rapport à une période normale, ensuite établir le lien de cause à effet, ce qui n’est pas encore le cas’’, a-t-il argué.
 
Boubacar Signaté estime que ‘’le principe de précaution’’ qui peut conduire des Etats à renoncer à son utilisation est quelque chose de ‘’très bien’’, mais la renonciation à ce vaccin ‘’peut’’ entraîner ‘’des conséquences néfastes’’.
 
‘’Depuis toujours, le risque s’est trouvé au cœur de la médecine de soins. On peut dire que la médecine est liée au risque’’, a ajouté M. Signaté. 
 
L’immunologue Tandakha Dièye a abondé dans le même sens, dans un entretien publié sur le site Internet du ministère de la Santé et de l’Action sociale. 
 
Malgré le risque d’effets indésirables lié à l’AstraZeneca, ‘’la vaccination doit continuer’’, a soutenu M. Dièye, membre du comité consultatif sur les vaccins contre le Covid-19 au Sénégal.
 
‘’La surveillance continue, comme dans les autres pays, et les résultats rassurent. Les bénéfices dépassent largement les risques, alors il ne faudrait pas qu’on s’arrête’’, a-t-il assuré.
 
Le directeur de la prévention au ministère de la Santé et de l’Action sociale, El Hadj Mamadou Ndiaye, estime qu’‘’il n’y a pas d’arguments scientifiques avérés, concernant d’éventuels effets secondaires’’ liés à l’AstraZeneca. 
 
Tous ces avis sont partagés par le chef du service de parasitologie de l’université Cheikh-Anta-Diop de Dakar, Daouda Ndiaye. ‘’La vaccination doit se poursuivre parce que les pays n’ont pas la même réalité’’, a dit M. Ndiaye, concernant le risque d’effets indésirables du vaccin.
 
Il a fait cette précision en marge d’une cérémonie marquant le début de l’injection de la seconde dose du vaccin Sinopharm, utilisé également par le ministre de la Santé et de l’Action sociale.
 
L’Agence européenne du médicament va se prononcer, jeudi prochain, sur les effets secondaires de l’AstraZeneca. Ces derniers ont précipité la suspension dudit vaccin dans une quinzaine de pays dont la France. 
 
L’Organisation mondiale de la santé a distribué des millions de doses du même vaccin à plusieurs pays dont le Sénégal.
 
L’EMA, elle, estime que les bénéfices de l’AstraZeneca sont supérieurs au risque d’effets secondaires indésirables. 
 
‘’Nous sommes toujours fermement convaincus que les avantages du vaccin AstraZeneca dans la prévention de la Covid-19, avec son risque associé d’hospitalisation et de décès, l’emportent sur le risque de ces effets secondaires’’, rapporte France 24 sur son site Internet, citant la directrice exécutive de l’agence européenne, Emer Cooke.

ADL/ESF/ASG