Covid : des premiers cas importés à la deuxième vague, le médecin-chef de Vélingara fait le point
APS
SENEGAL-SANTE-PANDEMIE

Covid : des premiers cas importés à la deuxième vague, le médecin-chef de Vélingara fait le point


Vélingara, 23 mars (APS) - Le dispositif d’alerte et de surveillance en place depuis 2014 dans le cadre de la lutte contre l’épidémie d’Ebola au Sénégal a été d’un grand apport pour contrer la maladie à coronavirus dans le département de Vélingara, a indiqué son médecin-chef, docteur Omar Sané.

Docteur Sané a rappelé, dans un entretien avec l’APS, que l’entrée sur le territoire national, via Vélingara, de sept personnes testées positives en provenance du Liberia, le 2 avril dernier, a été le moment clé de la riposte contre le Covid-19 dans ce département frontalier de la Guinée, de la Guinée-Bissau et de la Gambie.

"C’était des moments extrêmement difficiles à gérer, mais au finish, c’était un mal pour un bien, parce que la situation a été bien gérée et a permis à nos services de réussir à alerter et à mettre en garde contre la maladie qui n’était pas prise au sérieux à l’époque", a souligné le médecin-chef du district sanitaire de Vélingara.
 
Après la notification de ces premiers cas positifs de Covid-19, il fallait aller à la recherche des éventuels cas contacts, notamment les conducteurs de mototaxis ayant transporté ces Sénégalais en provenance du Liberia et qui sont passés par la Guinée voisine, a rappelé Omar Sané.
 
"C’était un véritable branle-bas, mais nous avons réussi à remporter cette première manche en termes de sensibilisation en mettant tous les chefs de service à contribution", pour que la situation puisse être gérée de la meilleure des manières, a-t-il dit.
 
Il a fallu ainsi remettre en service le dispositif d’alerte et de surveillance en place depuis 2014 pour lutter contre l’épidémie d’Ebola dont la Guinée voisine était un des épicentres, a indiqué le médecin-chef.
 
Vélingara étant frontalier de la Guinée, de la Guinée-Bissau et de la Gambie, "nous nous devions d’être vigilants et nous avons réactivé les réseaux qui alertaient systématiquement", a ajouté Omar Sané, selon qui ses services avaient reçu en son temps "jusqu’à 1000 alertes".
 
"Nous avons des équipes presque partout avec des ICP (infirmiers chef de poste)" qui "ont abattu un travail extraordinaire en parfaite synergie avec les populations", a-t-il insisté.
 
De même la mise en place d’une unité mobile de l’Institut Pasteur à Kolda a permis un traitement plus diligent des prélèvements, a noté le médecin-chef.
 
Au final, un seul décès post-mortem avait été enregistré lors de la première vague de la pandémie, sur 94 cas recensés, là où 101 cas positifs ont été rapportés à la faveur de la deuxième vague du Covid-19, pour un décès.
 
La personne décédée "souffrait de comorbidités, elle était obèse et diabétique", un cas qui "avait été très difficile à prendre en charge", a reconnu docteur Sané, avant de regretter le relâchement des populations dans la lutte contre la pandémie de la Covid-19.
 
Les recommandations liées notamment au port de masque ne sont pas très bien suivies après la baisse constatée à la fin de la première vague, a dit le médecin-chef du district de Vélingara qui demeure par ailleurs dans la ’’zone rouge’’ en matière de lutte contre le paludisme.
 
"Nous sommes dans la zone rouge et malgré les stratégies mises en place, le paludisme est encore présent et prégnant", les services sanitaires ayant du mal à convaincre les populations à dormir sous moustiquaires imprégnées, a poursuivi le médecin-chef.
 
La présence de la forêt, des zones irriguées par les deux barrages de l’Anambé et de Niamdouba rend aussi difficile la lutte contre cette pathologie, a-t-il fait savoir.

SD/BK/ASG