A Fatick, des infirmiers constatent une baisse des consultations générales
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SENEGAL-SANTE

A Fatick, des infirmiers constatent une baisse des consultations générales

Fatick, 30 avr (APS) - Des infirmiers-chefs de poste disent avoir constaté une baisse des consultations générales dans les structures sanitaires avec l’accélération du rythme de propagation du nouveau coronavirus au Sénégal.

’’C’est un constat fait au niveau régional voir même national, nous recevons actuellement moins de cas de consultations générales, les structures sanitaires sont moins fréquentées qu’avant l’avènement du Covid-19’’, a confié à l’APS, l’Infirmier en chef du poste de santé de Darou Saloum, Alassane Ly.


’’Au niveau du poste de santé de Darou Salam, un quartier de la commune de Fatick, on recevait mensuellement en moyenne avant le Covid-19, environ 500 patients malades pour des consultations générales. Actuellement, si on prend par exemple ce mois d’avril finissant, nous ne sommes même pas à la moitié des consultations reçues en temps normal’’, a-t-il expliqué.


Entouré de ses collègues, dans un poste de santé où le respect des gestes barrières est de rigueur, il a expliqué cette baisse des consultations générales par ’’la peur grandissante des populations de se voir diagnostiquées positif au coronavirus’’. 


Il a déploré les rumeurs fausses sur la maladie et sur les structures sanitaires qui circulent dans les quartiers de la ville de Fatick.


’’Des gens véhiculent des idées comme quoi, si tu vas à l’hôpital tu seras confiné pendant quatorze jours, ou encore on va te mettre en quarantaine. Ces rumeurs ont augmenté la psychose de la maladie chez les populations poussant certains sujets malades à éviter au maximum les structures sanitaires’’, a-t-il expliqué.


’’Et même par rapport à la vaccination, dans le cadre du Programme élargi de vaccination (PEV) il y a des parents qui sont récalcitrants à l’idée d’amener leurs enfants se faire vacciner dans les structures sanitaires’’, a-t-il déploré.


Selon lui, ’’lorsque des patients de zones endémiques connues viennent en consultations, ils cherchent à nous cacher les symptômes proches ou similaires à ceux du Covid-19, comme des toux, de la fièvre, ou encore de fatigue’’.
 
L’agent de santé, a soutenu, que face à cette situation, ’’le constat est que de plus en plus des patients malades ont tendance à contourner les consultations pour se payer directement des médicaments dans des pharmacies sans ordonnance’’.


’’Sur ce, nous appelons les pharmaciens à ne plus vendre de médicaments à des patients sans ordonnance, seul moyen de les pousser à se faire consulter’’, a lancé l’infirmier chef de poste de Darou Salam.


’’Cette baisse des consultations générales à cause du Covid-19, c’est une remarque qui est là, c’est un problème de sensibilisation qu’on doit prendre en charge avec des relais communautaires afin de dissiper ces fausses rumeurs et cette psychose liée à la quarantaine, bref à la maladie si toutefois un malade a été diagnostiqué positif’’, a-t-il préconisé.


Pour docteur Ly, ’’il faut que les personnes malades reprennent leurs habitudes vis-à-vis des structures de santé et qu’elles acceptent d’aller se faire consulter en cas de maladie’’.


Cette baisse des consultations est également constatée au poste de santé de Peulgha, Darel et Poukham, selon l’infirmière en chef Aïssatou Sarr.


’’Le constat, au niveau du poste de santé de Peulgha, Darel et Poukham, est que depuis que la maladie de Covid-19 s’est installée au Sénégal, les gens évitent les consultations de peur d’être diagnostiqués positif et de se voir mis en quarantaine’’, a-t-elle expliqué.


’’A titre d’illustration avant le Covid-19, nous enregistrions jusqu’à plus de 500 consultations générales pour adultes et pour enfants’’, a-t-elle indiqué.


’’Pour les consultations adultes, on a enregistré avant l’avènement de Covid-19, au Sénégal, c’est-à-dire au mois de février dernier, 293 consultations, alors qu’actuellement, pour ce mois d’avril, nous avons seulement 128 consultations’’, a-t-elle déclaré.

’’Pour les enfants, au même mois de février, on a eu 239 enfants consultés contre 100 pour ce mois-ci’’, a ajouté Mme Sarr.


 


 


AB/OID