Controverse autour de la corrélation ou pas entre MGF et fistules
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SENEGAL-SANTE

Controverse autour de la corrélation ou pas entre MGF et fistules

Dakar, 14 juil (APS) – Le chef du service urologie de l’Hôpital général de Grand Yoff (HOGGY), le professeur Serigne Maguèye Guèye a jugé, jeudi à Dakar, "très contreversée" la corrélation ou pas entre les mutilations génitales féminines (MGF) et les fistules obstétricales.

"Là où se passent les MGF, c’est également là où se passe les plus grands problèmes de gestion de la santé de la reproduction", a-t-il indiqué à des journalistes lors d’un point de presse tenu à la fin d’un symposium sur la problématique des MGF dans le cadre de "Uro’Dak 2017".

Le professeur Guèye a souligné que c’est aussi "dans ces mêmes milieux que des pratiques néfastes se font, notamment des formes de mutilations tellement sévères que cela ne favorise pas l’expulsion du bébé".

"Il serait bon d’avoir une stratégie globale de lutte pour ces problèmes" a-t-il dit.

Il a en outre relevé que "Uro’Dak 2017" est un lieu de "rencontres thématiques sur les MGF sans aucun aspect programmatique, juridique, d’abandon ou de plaidoyer, mais juste sur les séquelles liées aux mutilations et qui sont d’ordre urologique, gynécologique ou sexuel".

"Nous avons voulu voir comment nous pouvons gérer ces problèmes dans le cadre d’un réseau en Afrique de l’ouest et du centre pour rendre service à ces femmes", a expliqué le professeur Guèye.

Selon lui, ce réseau sera très large et va intégrer tous les agents de santé qui interviennent dans le cadre de la prise en charge globale de ces séquelles.

Les lenteurs dans l’évacuation de la femme au centre de santé, l’accessibilité et peut-être la non disponibilité des structures sanitaires font qu’il y a "un retard ou pas de service à offrir" a dit Pr Serigne Maguèye Guèye, expliquant que "c’est cela qui fait que les femmes font des fistules".

Pour sa part, l’assistant du représentant résident du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA), Moussa Faye a fait remarquer qu’"aucun motif basé sur la religion, la culture, le développement ou la santé ne saurait justifier qu’une fille ou une femme soit exposée à des risques avérés et des effets connus comme dans les cas d’excision".

"La médicalisation ne peut en aucun cas être considérée comme une réponse, car elle expose davantage les filles et les femmes" a expliqué le fonctionnaire des Nations Unies, signalant que la tenue du Symposium marque une "amorce nouvelle" dans les initiatives pour l’abandon de l’excision.

Moussa Faye a fustigé l’émergence d’un "nouveau mode opératoire consistant à exciser les nouveaux nés par leur propre mère", appelant à une "mobilisation plus accentuée de tous les acteurs à différents niveaux et à un engagement accru des autorités pour juguler le problème".

LTF/PON