CMU : la feuille de route d’une implication du secteur privé de santé présentée aux acteurs de Thiès
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CMU : la feuille de route d’une implication du secteur privé de santé présentée aux acteurs de Thiès

Thiès, 24 mai (APS) - Les acteurs des secteurs médical et paramédical privés ainsi que des mutuelles de santé communautaires du département de Thiès, ont pris connaissance, jeudi, de la feuille de route de la phase pilote d’un projet d’implication des structures privées de santé dans la mise en œuvre de la Couverture maladie universelle (CMU), a constaté l’APS.
 
Avec Rufisque et Kaolack, Thiès est l’un des trois départements où ce projet sera expérimenté, a indiqué Demba Mame Ndiaye, président de l’Union nationale des mutuelles de santé communautaires (UNAMUSC), lors d’un comité départemental de développement (CDD) à la préfecture de Thiès.

Le choix de Thiès pour faire partie des départements-pilotes désignés pour mettre en œuvre la contractualisation entre les mutuelles de santé et les prestataires de soins privés, n’est pas fortuit , en raison de sa longue expérience dans le domaine, a laissé entendre M. Ndiaye.

La région comptait 237.249 adhérents à des mutuelles de santé en 2015, soit la deuxième du pays après Dakar, selon Mame Abdoulaye Guèye, consultant à SHOPS Plus, projet de l’USAID, destiné à accompagner le processus.

Aujourd’hui, elle concentre 89 mutuelles de santé communautaires, les 39 étant concentrées dans le département de Thiès, a indiqué à l’APS, André Demba Wade, président de l’Union régionale des mutuelles de santé.

L’hôpital Saint-Jean de Dieu a déjà eu ce type de contractualisation avec les mutuelles de santé, a dit M. Ndiaye, avant d’ajouter : "ce mariage de raison, nous voulons l’étendre aux 676 mutuelles avec leur 2,882 millions de bénéficiaires".

Le projet pilote vise à faire en sorte que l’Agence de la couverture maladie universelle qui jusqu’ici ne contractualisait qu’avec les structures de santé du secteur public, en fasse autant avec le secteur privé de santé.

Cela va améliorer l’offre de santé au profit des bénéficiaires, surtout dans les régions où certaines spécialités n’existent que dans le privé, a fait remarquer le préfet de Thiès, Fodé Fall.

S’y ajoute qu’il y a un plus grand nombre de structures privées de santé que de structures publiques.

L’Agence de la CMU, représentée par le directeur de l’assurance maladie, Serigne Diouf, s’est engagée à accompagner le processus d’implication du privé, en renforçant la professionnalisation des mutuelles, en mettant des subventions à leur disposition et en recrutant des agents de promotion.

L’USAID, à travers son projet SHOPS Plus va accompagner le processus en facilitant la collaboration entre l’Agence de la CMU et les structures privées de santé.

"L’implication du secteur privé dans la CMU est le clou de notre intervention", a relevé le docteur Isseu Diop Touré, chef du projet SHOPS Plus.

Un comité de suivi sera mis en place pour faciliter la mise en œuvre, une convention cadre sera signée entre l’agence de la CMU et l’Alliance du secteur privé de santé (ASPS) pour donner lieu à des conventions sectorielles à l’échelle locale entre les mutuelles et les prestataires de soins privés, a noté Mame Abdoulaye Guèye, consultant à SHOPS.

Il est prévu également de former les acteurs devant prendre part au processus qui sera bouclé par un atelier d’évaluation, avant le passage à l’échelle.

La mise sur pied d’un cadre de dialogue CMU/ASPS, l’uniformisation des taux de prise en charge appliqués dans le public (80%) et dans le privé (50%), entre autres recommandations ont été faites. Certains représentants du secteur privé ont fait part de leurs inquiétudes quant aux longs délais de recouvrement.

ADI/OID/ASB