CMU : la COSAS plaide pour une
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SENEGAL-SANTE

CMU : la COSAS plaide pour une "réflexion sur l’encrage institutionnel"

Dakar, 22 mars (APS) – Le président de la Coalition nationale pour la santé et l’action sociale (COSAS), Pr Abdoul Kane, a préconisé mercredi "la réflexion sur l’ancrage institutionnel" pour réussir la mise en œuvre du programme de la Couverture maladie universelle (CMU).

"Peut-être qu’il faut au plus haut sommet de l’Etat que la question de la Couverture maladie universelle soit portée’’, a-t-il dit à l’ouverture d’un panel sur la CMU organisé par la Coalition nationale pour la COSAS à la salle Paul Corréa de la Polyclinique de La Médina.
 
"Peut-être c’est dans ce cadre-là qu’on pourra créer la transversalité (...), mais c’est aussi l’Action sociale, sans oublier la possibilité que d’autres secteurs importants de notre économie puissent en être partie prenante", a estimé Pr Kane. Il a souligné la nécessité d’"une coordination au plus haut niveau avec une très forte volonté pour réussir ce pari".
 
Selon lui, les différentes propositions qui sont sorties du panel rentrent d’abord dans le cadre de l’amélioration de "l’offre de soin" qu’il considère "comme une étape importante". "Il faut bien qu’il y’ ait des structures viables pour que la Couverture maladie universelle soit viable", a-t-il ajouté.
 
Sur la possibilité de paiement, le président de la COSAS souligne que de grandes réflexions se sont accentuées sur "les différents pièges". Pour ce faire, a-t-il avancé, "il faut mobiliser les ressources en convoquant un certain nombre de possibilités tels que les impôts, la responsabilité sociale d’entreprise, les différentes taxes, la solidarité nationale".
 
"Il faut probablement passer de la politique volontaire à la politique dirigée où on amène à peu près toute la population à être partie prenante de la Couverture maladie universelle et qui va nous permettre de partager les risques autrement dit à faire en sorte que les plus nantis dans nos sociétés puissent dans le cadre d’une solidarité permettre aux plus pauvres d’avoir accès et de financer leurs soins", a plaidé Pr Abdoul Kane..
 
"C’est un processus qui peut être long, difficile et complexe. Il faut que la communication soit claire au niveau de la population, il faut qu’on responsabilise les différents acteurs, et surtout qu’on comprenne qu’il ne s’agit pas de politique du court terme si on veut la réussir. Il ne faut pas donc se presser, il faut qu’on comprenne les enjeux en impliquant les plus larges secteurs’’, a-t-il martelé.
 
Pour sa part, Docteur Bocar Mamadou Daff, le directeur général de l’Agence de la couverture maladie universelle, considère que les défis auxquels la CMU fait face sont "communs à tout système d’assurance maladie".
 
"D’abord, il faut trouver suffisamment de ressources pour couvrir les besoins. L’approche que nous avons au Sénégal, est une approche contributive mais nous savons que le défi majeur, c’est d’arriver à avoir un financement qui soit pérenne, donc il faut qu’on passe par la fiscalité, et c’est cela qui est le plus important", a-t-il dit.
 
Il a précisé que sa structure "n’a pas de dettes, mais plutôt des retards de paiements", ajoutant : "quand on met en œuvre un système d’assurance maladie, il y’a beaucoup de fraudes, de surconsommations, etc.".
 
"Il faut donc qu’on fasse le contrôle, que l’on extirpe tout cela pour une efficacité dans l’utilisation des ressources, une fois que cela est fait, on pourra procéder aux paiements", a fait valoir M. Daff. 
 
Dans cette perspective, a-t-il ajouté, "d’ici quelques jours peut être, cette question sera derrière nous, et que les gens vont se pencher définitivement sur la mise en œuvre du programme", qui selon lui, pourra être bénéfique à tous les Sénégalais.



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