Base militaire de Thiès : une équipe mixte de 89 civils et militaires au chevet des patients
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SENEGAL-COVID-19-TRAITEMENT

Base militaire de Thiès : une équipe mixte de 89 civils et militaires au chevet des patients

Thiès, 6 juin (APS) - Une équipe mixte de 89 civils et militaires est au chevet des quelque 160 patients asymptomatiques de covid-19 pris en charge dans le centre de traitement extra hospitalier de la base militaire de Thiès, a indiqué son coordonnateur, le médecin lieutenant-colonel Mamour Dieng. 
 
‘’Nous avons une équipe mixte de 89 personnes. Il y a des militaires et des civils’’, a dit le médecin qui recevait, vendredi, des journalistes au centre d’entraînement tactique de la base militaire de Thiès, abritant le site extra hospitalier de traitement des patients de covid-19.
 
L’équipe médicale est composée de 14 médecins, dont quatre civils et un pharmacien, ainsi que de 21 infirmiers dont 14 militaires et sept civils. 
 
Six sapeurs-pompiers, trente hygiénistes, dont 26 volontaires de la Croix rouge sénégalaise et 4 du service d’hygiène sont aussi à pied d’œuvre dans ce centre ouvert le 19 mai dernier pour désengorger les hôpitaux de Dakar.
 
Les volontaires aident au conditionnement et au service des repas dans des barquettes jetables.
 
En raison du caractère très contagieux de la maladie, les agents du service d’hygiène qui font partie de l’équipe, sont très sollicités. Ils s’occupent de la décontamination des chambres et des vêtements des malades, à leur sortie. 
 
Ils désinfectent les équipements de protection individuelle (EPI), ces combinaisons que portent les médecins pour aller au contact des malades, à leur sortie de la zone rouge où se situent les chambres des malades.
 
Le centre est divisé en deux compartiments. La zone verte qui constitue le bloc administratif abritant les bureaux, la pharmacie, les cabines de garde, etc., et la zone rouge. Les deux parties sont séparées d’une porte.
 
Les médecins prennent toutes les précautions avant de la franchir, en enfilant une combinaison, des gants, en mettant des lunettes et des bottes, tout en veillant à ne pas y rester au-delà d’une certaine durée. 
 
La désinfection des portières des ambulances qui amènent des patients, est systématique, avant de les ouvrir. Tout ce qui est consommable dans la zone rouge, va directement à l’incinération après usage, explique le médecin qui a été pendant 12 ans adjoint du chef de service d’ophtalmologie de l’Hôpital Principal de Dakar. 
 
Les données collectées auprès des malades sont laissées dans la zone rouge, tout comme le téléphone avec lequel elles sont photographiées et envoyées par WhatsApp sur un autre téléphone dans la zone verte.
 
Une barrière érigée à une distance de l’entrée du centre, évite toute intrusion de personne étrangère. 
 
La délégation ministérielle qui avait visité la base militaire la semaine dernière n’était même pas arrivée jusqu’à cette barrière.
 
Malgré tout ce dispositif contraignant, le coordonnateur du centre estime que grâce à certaines commodités dont il dispose, ‘’l’espace est agréable, (et qu’) on peut vivre sa maladie sans problème’’.
 
 Les patients sont logés dans des cabines climatisées, avec douche intérieure et peuvent profiter d’un jardin. Ils ont la possibilité de communiquer avec leur famille, renseigne le responsable qui est aussi médecin-chef du Centre médical interarmées et de la zone militaire N° 7. 
 
Pour la nourriture, un traiteur recruté par le ministère de la Santé, prépare pour tout le monde dans une cuisine à 200 mètres du centre, dans l’enceinte du centre d’entraînement tactique (CET 7). ‘’Nous mangeons tous la même chose’’, relève-t-il.
 
Un psychiatre envoyé par la cellule psycho-sociale nationale, s’occupe de la prise en charge psychologique des patients, dont certains sont dans le ’’déni’’ de leur maladie. 
 
Un personnel de soutien, constitué de militaires se charge de la sécurité des lieux et de la liaison. Ils aident au convoiement des médicaments et à l’achat d’articles demandés par les pensionnaires. 
 
Ils peuvent aller de besoins spécifiques comme les serviettes hygiéniques jusqu’aux caprices les plus inattendus. Certains disent qu’ils ont envie de cacahuètes, raconte le médecin.
 
Le centre compte sur ce personnel pour résoudre les pannes électriques, les réparations en plomberie, menuiserie, chaud et froid.
 
‘’Pour le moment’’, les consommables – masques chirurgicaux – pour la zone verte, et les masques FFP3, pour la zone rouge, sont en quantité suffisante, se réjouit le responsable. Même les visiteurs se voient proposer des masques, pour changer ceux qu’ils portent.
 
Le stock de médicaments est aussi suffisant, puisque le pharmacien passe les commandes à l’avance pour toute la durée de traitement de chaque malade, note-t-il. 
 
 

ADI/MD