La presse invitée à aider à la déconstruction de l’image négative associée au VIH
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SENEGAL-SANTE

La presse invitée à aider à la déconstruction de l’image négative associée au VIH

Dakar, 30 nov (APS) - Le docteur Khoudia Sow, anthropologue et chercheure au Centre régionale de recherche et de formation (CRCF) de Fann, a invité vendredi la presse à aider les acteurs engagés dans la lutte contre le VIH à déconstruire l’image négative associée aux personnes vivant avec cette maladie, lesquelles vivent au quotidien avec la stigmatisation.
 
"Les journalistes ont un grand rôle à jouer dans cette déconstruction’’ de l’image négative associée au Sida et qui explique la stigmatisation dont les personnes atteintes de cette maladie sont victimes, a-t-elle soutenu en prenant part à un panel organisé par le Conseil national de lutte contre le sida (CNLS), qui célébrait la Journée mondiale de lutte contre le sida.
 
L’anthropologue indique qu’en dépit de la perception négative dont font l’objet les malades, il y a des personnes vivant avec le VIH (PVVIH) qui prennent leur traitement antirétroviral normalement et arrivent à un stade où la charge virale est indétectable à tel point que le virus ne peut plus être transmis.

Malgré tout, ces gens peuvent continuer à cacher leur statut aux membres de leur famille.
 
"Nous avons des situations de souffrance extrême de femmes qui mettent en place différentes stratégies pour aller prendre leur médicament et parfois, on arrive à des situations très difficiles", a-t-elle raconté.
 
D’après elle, le CNLS et certaines ONG ont mis en place des médiateurs dans les structures de santé pour les aider à accéder aux soins. Malgré cela, les acteurs ont besoin de l’appui de la presse, notamment de la presse spécialisée, pour aider dans la déconstruction de l’image négative collée au VIH.
 
Selon les derniers résultats de l’Enquête démographique et de santé (EDS-2018), il y a encore beaucoup de fausses croyances qui sont associées au VIH/Sida, a-t-elle signalé.
 
Selon elle, lorsqu’il est demandé à un père ou à une mère, voire à un enfant de partager l’information par rapport à son statut, la première chose qui leur vient à l’esprit, c’est : "non, je ne peux pas".

Et même si certains veulent parfois se confier, ils sont découragés par les réactions de leur entourage et s’emmurent dans un silence de peur d’être stigmatisés.
 
Chez les populations clés, dit-elle, spécifiquement chez les hommes qui ont des relations sexuelles avec des hommes (HSH), il y a une importante prévalence du VIH. "Cela ne veut pas dire que tous les HSH ont le VIH, mais il faut éviter que ça soit source de stigmatisation", a-t-elle conseillé.
 
Elle indique que 90% de la population générale ignore qu’il y a des personnes qui vivent normalement avec le VIH, en respectant leur traitement.
 
Au Sénégal, la Journée mondiale du Sida se tient cette année sur le thème : "Connais ton statut nous interpelle tous".

LTF/ASG/BK