Afrique subsaharienne : mise en garde contre les risques d’un ‘’approvisionnement en vaccins insuffisant’’
APS
SENEGAL-MONDE-SANTE

Afrique subsaharienne : mise en garde contre les risques d’un ‘’approvisionnement en vaccins insuffisant’’

Dakar, 2 mars (APS) - Jutta Urpilainen, la commissaire européenne aux partenariats internationaux, et Kristalina Georgieva, la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), ont mis en garde mardi les dirigeants du monde contre les ‘’graves répercussions’’ qui pourraient découler d’un ‘’approvisionnement en vaccins insuffisant et tardif en Afrique subsaharienne’’.
 
Mmes Urpilainen et Georgieva ont lancé cette mise en garde à la neuvième édition du Forum africain sur les finances publiques, qui se déroule par visioconférence, mardi et mercredi.
 
Des ministres des Finances, des dirigeants et des représentants d’institutions multilatérales et de la société civile du continent africain participent à ce forum.
 
A l’occasion de la rencontre, Jutta Urpilainen et Kristalina Georgieva ont rendu publique une déclaration conjointe. 
 
Dans cette déclaration, les deux dirigeantes affirment que ‘’l’Afrique subsaharienne est toujours aux prises avec une crise sanitaire, sociale et économique sans précédent’’. 
 
Selon elles, le Covid-19 a ‘’mis en péril des années de progrès en matière de développement accomplis au prix de grandes luttes et a bouleversé la vie et les moyens de subsistance de millions de personnes’’. 
 
Elles estiment qu’‘’un approvisionnement en vaccins insuffisant et tardif en Afrique subsaharienne saperait les efforts déployés pour mettre fin à la pandémie, non seulement au niveau régional, mais aussi à l’échelle internationale’’. 
 
Une telle situation entraînerait, selon elles, ‘’de graves répercussions sur la situation sanitaire, la croissance et le commerce dans le reste du monde’’.
 
Jutta Urpilainen et Kristalina Georgieva soulignent que l’objectif commun du FMI et de l’Union européenne est de ‘’continuer à coopérer étroitement avec les pays, afin de soutenir la lutte qu’ils mènent actuellement contre cette pandémie, notamment en garantissant un accès juste et équitable à des vaccins sûrs contre le Covid-19 pour tout un chacun’’.
 
D’après elles, si de nombreux pays d’Afrique subsaharienne, ‘’en particulier ceux qui présentaient de bons paramètres fondamentaux juste avant la crise’’, ont réagi rapidement sur le plan budgétaire, plusieurs autres Etats ‘’n’ont pas pu et ne peuvent toujours pas mettre en œuvre une riposte plus énergique’’.
 
Depuis le début de la pandémie, le FMI a apporté à l’Afrique subsaharienne une aide financière de plus de 17,5 milliards de dollars US, tandis que ‘’plus d’un milliard d’euros a été versé dans le cadre du soutien budgétaire de l’Union européenne, afin de créer un espace budgétaire permettant de financer les mesures de lutte contre le Covid-19’’.
 
Les deux dirigeantes estiment qu’en dépit de ‘’ces efforts concertés, l’année 2021 s’annonce très difficile pour la région’’. ‘’Même si un vaste accès aux vaccins est assuré, des obstacles de taille subsistent en matière de développement. Si ceux-ci ne sont pas surmontés, l’extrême pauvreté et les inégalités continueront inévitablement d’augmenter, et les progrès dans le domaine de l’éducation seront freinés’’, alertent-elles. Il pourrait en découler ‘’de graves conséquences pour la stabilité sociale et la sécurité, en particulier dans les zones les plus fragiles’’.
 
‘’Alors que la communauté internationale doit répondre à un impératif moral et économique consistant à aider tous les pays, en particulier les moins privilégiés, à lutter contre la pandémie et à mieux préparer l’avenir, les dirigeants africains joueront un rôle central à cet égard, car la crise offre la possibilité de façonner la reprise en adoptant des politiques budgétaires…’’ estiment-elles.
 
Le FMI et l’UE s’engagent à ‘’poursuivre’’ leur ‘’partenariat avec l’Afrique subsaharienne, afin de promouvoir l’accélération des financements en sa faveur et la mise en œuvre de son programme de réformes’’.


ASG/ESF