Touba : la bibliothèque Cheikhoul Khadim et le puits ‘’Aïn Er Rahma’’, des étapes incontournables du pèlerinage
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Touba : la bibliothèque Cheikhoul Khadim et le puits ‘’Aïn Er Rahma’’, des étapes incontournables du pèlerinage

Touba, 26 sept (APS) - La bibliothèque Khadimou Rassoul et le puits ‘’Aïn Er Rahma’’ sont des étapes incontournables de l’itinéraire de nombreux pèlerins du Magal, la commémoration à Touba (centre) de l’exil au Gabon de Cheikh Ahmadou Bamba (1853-1927). 
 
La bibliothèque portant le nom du fondateur du mouridisme – Cheikh Ahmadou Bamba est surnommé Khadimou Rassoul - reçoit la visite de nombreux fidèles. Elle est constituée de livres écrits par Cheikh Ahmadou Bamba et d’ouvrages consacrés à sa vie, à son œuvre.
 
A l’occasion du Magal, qui se tient ce dimanche, les visiteurs arrivent par groupes pour regarder les nombreux ouvrages du ‘’Daaray kamil’’, l’autre nom de la bibliothèque fondée en 1977 par Serigne Abdoul Ahad Mbacké (1914-1989), qui fut khalife général des mourides de 1968 à 1989. A la suite d’échanges qu’il a eus avec de nombreux dignitaires mourides, le guide de la confrérie et fils de Cheikh Ahmadou Bamba décide alors de rassembler tous les écrits de son père qui étaient disponibles au Sénégal.
 
Il entreprit également un projet de réécriture des célèbres ‘’khassaïd’’, les poèmes du fondateur du mouridisme qui commençaient à se détériorer. Certains documents furent plastifiés en vue d’une meilleure conservation, explique Ousseynou Diattara, le coordinateur de la bibliothèque. 
 
Les livres classés selon les thèmes concentrent les enseignements de Cheikh Ahmadou Bamba, mais aussi des textes d’étudiants et de chercheurs qui se rendent souvent à Touba pour réaliser leur projet de mémoire et ou recherche. 
 
Les visiteurs font le tour des salles ou sont exposés les livres. Certains d’entre eux prennent des photos. Le ‘’Daaray kamil’’ accueille également des séances de récitation des ‘’khassaïd’’ de Cheikh Ahmadou Bamba. 
 
Depuis trois semaines, les responsables de la bibliothèque invitent des ‘’dahira’’ (associations de fidèles) venant de Touba, de Louga, de Saint-Louis (nord) ou d’ailleurs à venir réciter les poèmes du défunt guide religieux. Des conférences sont organisées aussi au sein du ‘’Daaray kamil’’.
 
Les autorités religieuses, pour une meilleure conservation des textes de Cheikh Ahmadou Bamba, ont lancé un projet de modernisation de la bibliothèque. ‘’Dans le but de pérenniser et de vulgariser les enseignements du fondateur du mouridisme’’, explique M. Diattara. 
 
Le puits ‘’Aïn Er Rahmati’’ (la source de la miséricorde), situé à quelques centaines de mètres au nord de la grande mosquée de Touba, est également une étape incontournable du pèlerinage pour de nombreux fidèles venus prendre part au Magal. Le célèbre puits a été creusé par Serigne Ibra Sarr Ndiagne, suivant une recommandation de Cheikh Ahmadou Bamba, selon les riverains.
 
Les pèlerins viennent en masse s’approvisionner. L’eau du puits a des vertus thérapeutiques, disent-ils, faisant la queue sous la canicule en attendant leur tour. A tour de rôle, les pèlerins se ravitaillent du précieux liquide. Il a été béni, dit-on, par Cheikh Ahmadou Bamba.
 
‘’J’adresse louanges au Seigneur pourvoyeur des immenses bienfaits, qui fait jaillir par sa grâce, l’onde pure d’Aïn Er Rahma, la source de miséricorde’’, lit-on dans l’un des poèmes du saint homme. Un poème gravé dans du marbre, près du puits.
 
‘’Un de mes amis souffrait d’une maladie gastrique chronique (…) Quand je lui ai donné à boire un peu de cette eau, il s’est merveilleusement rétabli’’, raconte Ibrahima Diagne, rencontré près du puits, une bouteille d’eau à la main.
 
Pour satisfaire la forte demande, un château d’eau a été construit à l’initiative de Serigne Abdoul Ahad Mbacké. Sa gestion est confiée aux descendants de Serigne Ibra Sarr Ndiagne, à qui on doit le puits. Des jeunes du quartier veillent à la propreté du site.
 
Tout le long du mur de clôture du site, des femmes s’adonnent à la vente de bouteilles en plastique recyclées. Les visiteurs se les procurent pour y mettre leur provision d’eau, selon Maguette Guèye, l’une des vendeuses.
 
L’une des femmes dit vivre de ce petit commerce. ‘’Ça me permet de subvenir à mes besoins. J’ai même construit une maison à les enfants’’, dit la sexagénaire, précisant qu’elle vit de cette activité depuis dix ans.

MK/FD/ESF