La crainte Dieu, axe principal du sermon de l’imam Tamsir Ndiour de Moussanté
APS
SENEGAL-TABASKI-SERMON-THIES

La crainte Dieu, axe principal du sermon de l’imam Tamsir Ndiour de Moussanté

Thiès, 12 août (APS) - L’imam Tafsir Babacar Ndiour de la grande mosquée de Moussanté à Thiès a appelé lundi les musulmans à la "taqwa" (crainte de Dieu) gage d’un salut ici-bas et dans l’au-delà, en ce qu’elle empêche l’homme de s’adonner à toutes les formes de mauvaises actions.

Dans son sermon suivant la prière de l’Aïd-el-kébir, l’imam, conformément à la tradition islamique, a livré un prêche aux fidèles. 
 
Un discours structuré autour de la crainte révérencielle de Dieu ou "taqwa" en arabe, un mot répété "plus de 80 fois" dans le Saint Coran et qui selon le religieux figure parmi les commandements de Dieu également donnés aux communautés des religions révélées précédant l’islam.
 
La crainte de Dieu se manifeste par le fait de respecter les commandements divins et de s’abstenir de ses interdits, aussi bien dans ses paroles que dans ses actes.
 
En ayant à l’esprit son Créateur dans la solitude comme en communauté, l’homme s’abstient des mauvaises actions. Celui qui se retrouve dans un magasin seul avec des articles qu’il aime, mais qui se garde d’en prendre par crainte des caméras de surveillance, peut aisément le comprendre, a-t-il dit. 
 
Croire à l’invisible, donner la zakat et accomplir la prière vont de pair avec la piété. Le non-respect de la parole donnée, de l’engagement ou encore de la sacralité de la religion sont autant de signes d’un défaut de piété. 
 
Pardonner quand on est offensé bien qu’étant en position de force, dénote aussi de la piété, poursuit l’imam, avant d’y inviter le chef de l’Etat, qui a en commun avec les opposants l’amour du pays. "Nul n’a le monopole du patriotisme", indique l’imam, selon qui la "taqwa" a plus de valeur que tout bien matériel, et garantit la cohésion au sein des communautés humaines.
 
"Ceux qui craignent Dieu, échapperont à son châtiment le jour dernier, et seront ses alliés", a-t-il insisté, relevant que la piété est la seule qualité par laquelle un homme peut être meilleur qu’un autre, comme stipulé par un hadith prophétique qu’il a invoqué.
 
L’imam Tamsir Ndiour a évoqué des comportements selon lui répandus dans la société et qui ne sont pas conformes à la taqwa, comme l’adultère et le vol, mais aussi le meurtre "devenu monnaie courante dans la société, avec toute l’insécurité qu’ils impliquent". 
 
Il est revenu sur le meurtre du gendarme Tamsir Sané par des bandits qui tentaient de dévaliser une agence de la Poste à Koumpentoum (Tambacounda), dans la nuit du 25 au 26 juillet dernier. Un "crime abominable" perpétré contre un agent sécurité, a-t-il déploré.
 
"Ceux qui détournent les deniers publics sont des voleurs et ne craignent pas Allah", a martelé le dignitaire musulman. Il a fustigé le fait de planquer à l’étranger des "fonds dormants", volés au peuple et qui, souvent, se perdent après la mort, qui peut survenir à tout moment.
 
De même a-t-il dénoncé la surfacturation qui impacte sur la qualité des ouvrages réalisés, tout comme les pots-de-vin versés pour l’obtention d’un marché public.
 
Il a attiré l’attention des pouvoirs publics sur l’injustice, la confiscation de terres d’autrui, qui pourraient déboucher, si l’on y prend garde sur de graves conflits. 

L’imam Ndiour se félicite toutefois de ce qu’au Sénégal, existe encore "des juges justes", estimant qu’il "grand temps d’appeler les hommes à retourner à Dieu, surtout les dirigeants".
 
"Quiconque ne craint pas et n’adore pas Dieu, sera perdant quelle que soit son ascendance ou son appartenance", a dit l’imam pour qui "celui qui ne prie pas ne craint pas Dieu". La prière est la première action qu’Allah va évaluer, ajoute-t-il, si elle n’est pas bonne, Il ne regarde pas le reste.
 
L’imam a fustigé l’attitude de ceux qu’il a nommés "les musulmans occasionnels, évènementiels ou circonstanciels", qui ne témoignent de leur appartenance à l’islam qu’à l’occasion des fêtes et des rencontres religieuses.
 
L’imam a par ailleurs dénoncé la multiplication des affiches qui font la publicité de l’alcool, comme une atteinte à la sacralité de l’islam. Il a invité les musulmans dans un premier temps, à une pétition contre cette démarche, et si l’entreprise persiste, à boycotter les boissons sucrées qu’elle produit.
 
"Le pétrole et le gaz sont un don de Dieu et ne deviennent une bénédiction qu’avec une bonne gouvernance et une spiritualité", souligne-t-il. Il n’en demeure pas moins que "la paix vaut mieux que le pétrole et le gaz", relève le religieux, pour qui ce sont des ressources qui "n’aiment pas le bruit". 
 
Il trouve toutefois légitime que l’on demande à ce qu’elles soient gérées de manière décente.
 
L’imam relève qu’en réalité les ressources pétrolières dans leur majorité sont accaparées par les multinationales qui laissent des "miettes" aux pays producteurs.
 
Les pays producteurs de pétrole qui sont restés dans une situation difficile sont légion, a-t-il fait valoir, citant en plus de certains pays africains, le Venezuela, qui bien que détenant l’une des plus grandes réserves mondiales, traverse une crise politique et une inflation "très élevée".
 
Le président du parti Rewmi Idrissa Seck, président du conseil départemental de Thiès, ainsi que le préfet du département Fodé Fall, entre autres personnalités, ont prié dans cette mosquée.
 

ADI/BK