L’Institut islamique de Dakar revisite l’œuvre de Tafsir Makhtar Kalla Dramé
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L’Institut islamique de Dakar revisite l’œuvre de Tafsir Makhtar Kalla Dramé

Dakar, 28 jan (APS) - L’Institut islamique de Dakar a organisé dimanche un colloque sur la vie et l’œuvre de Tafsir Makhtar Kalla Dramé (1790-1874), dans le cadre de ses traditionnelles journées culturelles et scientifiques dédiées aux personnalités religieuses du Sénégal, a constaté l’APS.
 
Des petits-fils de Makhtar Kalla Dramé vivant au Sénégal, en Gambie et dans d’autres pays ont participé à cette manifestation, qui était l’occasion pour eux de rappeler la contribution de cet érudit musulman au rayonnement des enseignements arabo-islamiques dans l’ancien royaume du Saloum.
 
Les relations du guide religieux avec ses contemporains, notamment l’almamy (chef de guerre dans les anciens royaumes peuls, Ndlr) du Rip, Maba Diakhou Ba, et Mame Mor Anta Saly, le père du fondateur de la confrérie des mourides, Cheikh Ahmadou Bamba.
 
Selon Thierno Ka, le directeur de l’Institut islamique de Dakar, les communications présentées lors de cette rencontre seront réunies et publiées dans les bulletins de cet établissement public.
 
Dr Djim Ousmane Dramé, l’un des intervenants du colloque, également arrière-petits-fils de Makhtar Kalla Dramé, a rappelé les origines du chef religieux, mais aussi sa formation scientifique, dans les royaumes du Saloum et du Cayor.
 
Serigne Makhtar Kalla Dramé serait né vers 1790 à Baytid, un village situé dans l’actuelle région de Kaffrine, dans le centre du Sénégal, selon Djim Ousmane Dramé, un chercheur du laboratoire d’islamologie de l’Institut fondamental d’Afrique noire (IFAN) de l’Université Cheikh-Anta-Diop de Dakar.
 
Son arrière-grand-père, très tôt orphelin, a été éduqué par son grand-frère, Mamour Samba Khady, qui le confia à des érudits musulmans, a-t-il dit. 
 
"Bien à l’aise dans les sciences arabo-islamiques, dans l’enseignement du saint Coran surtout, il fonda son école à Ndramé Dimb, situé à la frontière avec la Gambie. De cette bourgade, il participera activement au rayonnement de l’islam et à la pacification de cette zone sujette à des troubles et à des situations d’insécurité au 18ème siècle", rapporte le chercheur de l’IFAN.
 
"C’est possible qu’il ait largement contribué au rétablissement de la paix au Saloum", a ajouté l’universitaire, parlant de son ancêtre.
 
Le professeur Mamadou Ndiaye, du département d’Arabe de l’Université Cheikh-Anta-Diop, modérateur du colloque, suggère que les rencontres scientifiques et culturelles comme celle de ce dimanche soient organisées régulièrement pour étudier la vie et l’œuvre des figures islamiques souvent méconnues des Sénégalais.
 
Ces personnalités religieuses peuvent servir de repères, dans le contexte actuel de "crise sociale et morale", selon M. Ndiaye.

SMD/ESF