Caricatures : colère et indignation des organisations islamiques à Thiès
APS
SENEGAL-RELIGION-REACTION

Caricatures : colère et indignation des organisations islamiques à Thiès

Thiès, 7 nov (APS) - Une vingtaine d’organisations islamiques regroupées au sein d’un collectif dénommé Rassemblement des Sénégalais contre l’islamophobie se sont retrouvées à la Promenade des Thiessois pour exprimer leur indignation et leur colère, suite aux propos du président français sur les caricatures du prophète de l’islam.
 
Le président français Emmanuel Macron avait déclaré que son pays ne renoncera pas au caricatures et aux dessins au nom de la liberté d’expression.
 
Il s’exprimait lors d’une cérémonie en hommage à un enseignant tué par un jeune Tchétchène, après avoir montré des caricatures du prophète à ses élèves.
 
Ces propos de Macron ont soulevé une vague d’indignation qui se poursuit encore à travers le monde musulman, où des appels au boycott des produits français se sont multipliés. 
 
A l’appel du Rassemblement des Sénégalais contre l’islamophobie et le blasphème du Prophète Mouhamed (PSL), les milieux religieux de Thiès ont organisé cette rencontre, à l’image de plusieurs autres villes du pays, a dit le président du comité scientifique Mame Moda Kassé.
 
Les daaras (écoles coraniques), les associations islamiques, les foyers religieux, la société civile, etc. étaient représentés à ce rassemblement. 
 
’’Nous musulmans du Sénégal (…) exigeons que cessent immédiatement et à jamais ces caricatures et autres railleries à l’endroit de notre bien aimé prophète Mouhammad (PSL)’’, relève une résolution en sept points, lue au terme de la rencontre.
 
Le collectif ‘’exige des excuses publiques du président français envers la communauté musulmane mondiale’’. Il exige des gouvernants sénégalais qu’ils ‘’dénoncent vigoureusement’’ ces ‘’provocations de l’Etat français’’.
 
Tout en dénonçant la ‘’montée de l’islamophobie en Europe et plus particulièrement en France’’, cette instance appelle aussi à boycotter les produits français. 
 
Plusieurs orateurs qui se sont succédé ont dénoncé la posture offensante du président français, vis-à-vis des dessins faits contre le prophète Mouhamed (PSL), tout en soulignant que son honorabilité restera intacte.
 
La cérémonie a démarré par une récitation de versets du Coran, déclamant les qualités du prophète et de ses compagnons, ainsi que la promesse d’une victoire finale de l’islam sur ses détracteurs.
 
La foule a scandé le nom du prophète, la profession de foi musulmane, et des slogans hostiles au président français. Un drapeau français a aussi été brûlé. 
 
Certains participants portaient des pancartes où étaient inscrits entre autres messages ’’halte aux caricatures blasphématoires’’, ’’ne touche pas à mon prophète’’, ’’mort à l’islamophobie’’. 
 
’’Personne ne peut détruire son image (celle du prophète), n’en déplaise aux mécréants’’, a dit d’emblée le président du comité scientifique, Mame Moda Kassé, pour qui ‘’la France a franchi le rubicond’’.
 
’’La France a eu tort de coloniser tous les pays africains musulmans, aujourd’hui, ses fils s’appellent Mouhamed et elle n’y peut rien’’, a dit le maire de Thiès Ouest, Aliou Sow, dans son mot de bienvenue, avant de prophétiser : ‘’la France sera musulmane, sous peu de temps’’.
 
L’imam Elhadji Idrissa Gaye, porte-parole des imams de Thiès, a noté que la France et le Danemark qui l’a précédé dans la publication de caricatures du prophète, se sont ligués pour combattre l’islam à travers ses symboles.

’’Ils ont épuisé leurs forces et leurs stratagèmes, pour détruire l’image du prophète à travers des caricatures, alors que son prestige croît toujours’’, a dit l’imam Gaye. 
 
Il a appelé tous les guides religieux musulmans à matérialiser leur amour du sceau des prophètes, en le défendant publiquement.
 
’’Nous ne jetterons pas de pierre, nous ne nous battrons pas, mais nous manifesterons notre désapprobation’’, a-t-il dit, appelant les musulmans à s’abstenir d’acheter des produits français. ’’Quiconque haït Mouhamad, nous te haïssons’’, a-t-il dit. 
 
Pour Mouhamed Mbaye, coordonnateur du rassemblement, par ces attaques ceux qui croyaient détruire l’image de l’islam ont réussi à fédérer toutes sensibilités musulmanes autour de la défense du prophète.

Pour lui, les musulmans sénégalais doivent aussi se pencher sur les blasphèmes dont se rendent coupables leurs coreligionnaires. 
 
Le prédicateur Sidy Khaly Lô a invité les musulmans à l’introspection, et à taire leurs ’’débats stériles’’, pour se concentrer l’essentiel qui les unit.
 
Elhadji Mamadou Diouf, qui représentait la société civile a dénoncé la conception biaisée de la liberté d’expression en France, en relevant que le journal français auteur des caricatures en question, avait été interdit de parution pour avoir dessiné caricaturé le général De Gaulle. Il a recommencé à paraître sous son nom actuel.
 
Si la France réagit de la sorte parce qu’elle vénère De Gaulle, qui ‘’ne vaut pas un millième du prophète’’, que doit-il en être pour les musulmans ?, s’est-il interrogé. 
 
La manifestation s’est déroulée en présence d’un dispositif policier, qui s’est tenu bien à l’écart.
 

ADI/OID