Diourbel : un accusé écope de 20 ans de travaux forcés pour meurtre
APS
SENEGAL-JUSTICE

Diourbel : un accusé écope de 20 ans de travaux forcés pour meurtre

Diourbel, 29 mars (APS) - La Chambre criminelle du tribunal de grande instance (TGI) de Diourbel (centre) a prononcé vendredi une peine d’emprisonnement de 20 ans de travaux forcés contre Cheikh Fall Sène, un sculpteur qui comparaissait pour meurtre, a constaté l’APS.
 
L’accusé a été condamné pour meurtre et détention d’arme et condamné à 20 ans de travaux forcés à la faveur d’un cumul des peines.
 
Il devra, en outre, payer la somme de 8 millions francs cfa et des frais du dossier à la partie civile.
 
Le 5 janvier 2015, un agent du commissariat urbain de Bambey qui se trouvait en faction sur la voie publique est informé d’une bagarre entre deux individus Chérif Kâ et Cheikh Fall Sène à hauteur du Centre de réinsertion sociale de Bambey.
 
Une fois sur place, les enquêteurs ont trouvé la victime, Chérif Kâ, grièvement blessé et évacué à l’hôpital régional de Diourbel par les sapeurs-pompiers.
 
Il succombera le 7 janvier vers 19h 30 de ses blessures. Le certificat de genre de mort établi à cet effet fait état ’’d’un polytraumatisme avec traumatisme cranio-encéphalique avec obnubilation et une amputation traumatique des poignets’’.
 
Devant la barre du tribunal, Cheikh Fall Sène a expliqué que dans la nuit du 5 au 6 janvier 2015, après avoir consommé une bouteille de vin et une autre de bière au ‘’bar Bleu’’, il a voulu continuer sa consommation au bar ‘’Chez Oumy’’. Sur place, le barman a refusé de lui servir puisqu’il était déjà ivre.
 
’’Chérif m’a trouvé dans les toilettes, il m’a pissé dessus et lorsque je le lui ai signifié, il a dit que c’était à moi de me signaler. C’est après ces entrefaites que le barman nous a demandé de quitter les lieux. Je ne fréquentais pas Chérif Kâ. C’est juste au niveau du bar que je le voyais’’, raconte t-il au tribunal. 
 
’’En rentrant chez moi, il m’a rattrapé et m’a donné des coups de machette au dos. C’est en ce moment que je suis retourné prendre ma hâche que j’avais enfouie près du bar’’, ajoute t-il.
 
Il soutient que c’est la victime qui a ouvert les hostilités en lui donnant deux coups de coupe-coupe.
 
Après une courte cabale à Dakar, il a été conduit à la police par ses parents à qui il avait confessé ses actes.
 
Dans son réquisitoire, le procureur a soutenu que Cheikh Fall Sène et Chérif s’étaient rencontrés dans un bar, tous deux adeptes d’alcool. Au cours d’une première altercation Cheikh Fall Sène avait été dominé et c’est par la suite qu’il est allé chercher son arme qu’il avait enfouie pour venir en découdre avec son adversaire. 
 
A en croire le représentant du ministère public, l’accusé a essayé de varier dans ses déclarations et a cherché à travestir la réalité des faits. 
 
’’Il a certes été attaqué en premier mais pas de dos. Il a livré bagarre, si bagarre il y en a – avec quelqu’un qui lui faisait face. Il a pris le déçu et il ne s’est pas arrêté, il a continué. Cela montre de l’acharnement’’, a soutenu le procureur.
 
’’C’est comme si on était dans une charcuterie, dans une boucherie. L’accusé a commis volontairement des violences donc il avait l’intention de donner la mort. La nature de l’arme, les parties du corps visées, la violence avec laquelle les coups ont été donnés attestent ce fait’’, ajoute t-il..
 
L’état d’ébriété ne saurait absoudre l’accusé, dit-il, parlant d’un ’’acte volontaire’’.
 
Le parquet a demandé au tribunal de ne lui accorder aucune circonstance atténuante, de le déclarer coupable pour le crime et la détention illégale d’arme et de le condamner à 20 ans avec confiscation des armes mises sous scellées.
 
Pour sa part, la défense a plaidé une réduction de la peine afin de permettre à son client de se ’’resocialiser’’.
 

FD/OID/AKS