UASZ préconise un comité universitaire de réforme des droits des obligations
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UASZ préconise un comité universitaire de réforme des droits des obligations

Ziguinchor, 28 nov (APS) - L’Université Assane Seck de Ziguinchor (UASZ, sud) a recommandé la mise sur pied d’un comité sénégalais universitaire de réforme des droits des obligations civiles et commerciales, qui intégrerait les réalités locales et l’analyse économique, a annoncé, lundi, à Ziguinchor, le professeur Jean Louis Corréa, enseignant au département de droit de cette institution.
 
Au sortir d’un colloque international sur le Code des obligations civiles et commerciales (COCC), l’’Université Assane Seck a inscrit dans les actes dudit colloque la création de ce comité universitaire pour une réactualisation de ce texte juridique.
 
"Nous avons pu réunir les plus grands spécialistes du droit des obligations du Sénégal et certains homologues africains, européens et canadiens ainsi que d’autres magistrats. La forte recommandation du colloque est la mise sur pied d’un comité sénégalais universitaire de réformes des droits des obligations", a dit M. Corréa dans un entretien avec l’APS. 
 
Axé sur le thème général "Le code des obligations civiles et commerciales : 50 ans après", le colloque international de Ziguinchor avait réuni pendant trois jours, des universitaires sénégalais et d’autres chercheurs de "renom" venant du Cameroun, du Canada, de la République démocratique du Congo, du Togo, de la France, etc. 
 
Au cours de cette rencontre portant sur les enjeux du COCC, "il y avait des tensions intellectuelles au cours des débats notamment sur le fait que notre droit ne soit pas d’inspiration locale avec une absence de la cosmogonie africaine", a rapporté l’universitaire. 
 
"L’enjeu maintenant est comment faire pour que le COCC reflète plus le contexte local et les réalités locales", a expliqué Jean-Louis Corréa, unique agrégé en droit de l’Université Assane Seck de Ziguinchor et initiateur de ce colloque.
 
Selon M. Corréa, "un tel projet universitaire aura une légitimité fondée sur le savoir", compte tenu du profil des personnalités appelées à y prendre part.
 
L’objectif visé est "d’amener le gouvernement, à travers le ministère de la Justice, à venir se joindre à nous pour que l’on réfléchisse avec les magistrats, les avocats, les huissiers, les notaires, mais aussi les consommateurs sur l’avenir du COCC", a-t-il plaidé.
 
Il a souhaité que l’Etat intègre le COCC dans la série de réformes annoncées ou en cours dans le domaine de la justice. "On ne touche pas encore au Code des obligations civiles et commerciales. En tant que spécialistes, nous devons aider l’Etat à travers une démarche d’universitaires pour le pousser à réformer le COCC", a poursuivi l’expert.
 
Une préoccupation partagée par Babacar Ndiaye, professeur agrégé en sciences économiques et directeur de l’UFR sciences économiques de l’UASZ, selon qui "la rigidité se situe au niveau supérieur", de sorte que "les universitaires doivent amener l’Etat à enclencher la réforme pour que tout un chacun puisse avoir une bonne lecture du COCC".
 
Après ce rendez-vous d’échanges international, autorités et corps professoral de l’UASZ veulent positionner la jeune institution universitaire de la capitale sud du Sénégal "sur l’échiquier national et surtout international avec l’ambition de réunir des sommités mondiales à travers des colloques du genre sur une périodicité de deux ans (...)’’.
 
De cette manière, ils comptent installer l’Université Assane Seck de Ziguinchor "sur une dynamique d’organiser un colloque international sur une périodicité de deux ans".
 
MTN/BK