Plus de 53% des Sénégalais gardent encore confiance en la justice (rapport)
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SENEGAL-JUSTICE

Plus de 53% des Sénégalais gardent encore confiance en la justice (rapport)

Dakar, 19 fév (APS) - Plus de cinquante-trois pour cent des Sénégalais ont encore confiance en leur justice, a indiqué mardi le secrétaire exécutif de l’Association des juristes africains (AJA), Papa Ogo Seck, citant un rapport de cette structure.

M. Seck évoque ainsi les données d’un rapport de l’AJA, une association regroupant des professionnels du droit qui, depuis quarante ans, s’activent dans la promotion des droits et de la justice. Ce rapport porte sur l’enquête effectuée par l’AJA sur la perception qu’ont les Sénégalais, acteurs et usagers inclus, de leur justice.
 
Le professeur Papa Ogo Seck a dévoilé son contenu, mardi, à l’occasion d’une séance d’audition au cours de laquelle des représentants de candidats en lice à l’élection présidentielle ont été invités à décliner les programmes respectifs de ces derniers pour la modernisation de la justice.
 
L’ancien ministre Habib Sy de la coalition "Madické2019", le ministre de la Justice, Ismaila Madior Fall de la mouvance présidentielle et le professeur Diallo Diop de la coalition "Sonko 2019" ont répondu à l’appel des initiateurs.
 
En revanche, Déthié Fall de la coalition "Idy 2019" et l’ancien juge Ibrahima Hamidou Dème, qui soutient le candidat du Parti de l’unité et du rassemblement (PUR), ne se sont pas finalement présentés comme attendu, ont expliqué les organisateurs sans plus de détail.
 
Ainsi, à tour de rôle, les représentants des candidats présents ont pendant plusieurs tours d’horloge passé en revue le fonctionnement actuel de la justice sénégalaise avant de proposer des réformes aussi diverses que variées concernant entre autres, l’indépendance de la justice, son accessibilité et ses moyens financiers.
 
Selon Habib Sy de la coalition "Madické Niang", la modernisation de la justice, l’institution selon lui "la plus fragile du Sénégal", doit nécessairement passer par sa "démocratisation".
 
Pour ce faire, il estime que "le président de la République ne doit plus siéger à la présidence du Conseil supérieur de la magistrature" (CSM). De même, selon lui, le ministre de la justice ne doit plus avoir une appartenance politique.
 
Il a également préconisé que les membres du Conseil constitutionnel soient désormais "élus par un corps électoral" et que le procureur "ne soit plus le seul maître des poursuites".
 
Le professeur Diallo Diop de la coalition "Sonko2019" estime lui que la réflexion sur la modernisation de la justice doit être poussée de façon beaucoup plus pointue et en profondeur, car selon lui, si belle qu’elle soit, la loi ne vaut que par son application.
 
Ainsi, il a annoncé que le candidat Ousmane Sonko envisage, une fois à la tête de l’Etat, d’adopter "une nouvelle Constitution", qui sera "entièrement ancrée sur les recommandations des travaux du Conseil national de réforme des institutions".
 
A l’en croire, le leader de PASTEF compte également "dissoudre la Cour de répression de l’enrichissement illicite" (CREI) pour mettre en place une Cour constitutionnelle dont les membres seront "élus par leurs pairs".
 
Pour sa part, le garde des sceaux, Ismaëla Madior Fall, soutient que "la plupart des gens qui critiquent la justice, le font en l’appréhendant uniquement dans sa conception purement réductrice", à savoir la justice pénale et le procès de quelques hommes politiques.
 
Selon Ismaila Madior Fall, plusieurs réformes majeures allant dans le sens d’une modernisation de la justice ont été effectuées ces sept dernières années. 

Il a cité, entre autres, "la révision constitutionnelle de 2016, la réforme de la carte judiciaire, celle du Conseil constitutionnel, la réforme sur le statut des magistrats, l’installation des tribunaux de commerce".
 
Il a ainsi renseigné que "suite au succès éclatant des maisons de justice, des cases de justice plus anthropologiquement acceptées seront bientôt au niveau des villages pour régler certains différends en amont".
 
Le ministre de la Justice a dans la même veine annoncé la "dématérialisation effective des procédures", de même que "la simplification de la carte judiciaire", avec la mise en place prochaine de "tribunaux de première instance" (TPI) dans les quarante-cinq départements du Sénégal.
 
 


MK/ASG/BK