Kemi Séba devant le tribunal pour destruction d’un billet de 5000 francs Cfa
APS
SENEGAL-JUSTICE

Kemi Séba devant le tribunal pour destruction d’un billet de 5000 francs Cfa

Dakar, 29 août (APS) - Le procès pour ‘’destruction d’un billet de banque’’ de l’activiste et chroniqueur politique Stellis Gilles Robert Capo Chichi alias Kémi Séba s’est ouvert mardi au tribunal de grande instance de Dakar.



Kémi Séba est poursuivi par la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest pour la destruction d’un billet de 5000 francs Cfa.


Le président de l’ONG Urgences panafricanistes avait brûlé un billet de 5 000 francs Cfa lors d’un rassemblement ‘’contre la Françafrique’’ le 19 août dernier et placé en détention préventive le 25 août.


Devant le tribunal, ce mardi, il a reconnu les faits. ‘’Oui, j’ai détruit un billet de 5000 francs Cfa mais la destruction de ce billet de banque était un acte symbolique, pour dénoncer le néocolonialisme, pour alerter l’opinion publique sur cette monnaie qui appauvrit notre continent ‘’, a déclaré Kémi Séba.


Dans ce procès, l’étudiant Alioune Abatallib Sow est lui poursuivi pour les faits de complicité de destruction d’un billet de banque. Il lui est reproché d’avoir procuré à Kémi Séba le briquet qui lui a permis de brûler le billet en question.


‘’Mon co-prévenu ignorait tout de mes intentions au moment de me donner le briquet. Il n’est en aucun cas complice de mon acte’’, a lancé Kémi Séba en présence de ses nombreux soutiens.


Considérée par ses détracteurs comme la dernière monnaie coloniale en cours, le francs CFA, créé en 1945, est la devise partagée par 14 pays d’Afrique subsaharienne plus les Comores.
 
Le franc CFA est lié à l’euro par un système de parité fixe en contrepartie de laquelle, les Etats versent 50% de leurs réserves de change auprès du Trésor français.
 
De nombreuses voix s’élèvent de plus en plus, dans les milieux intellectuels et au sein de la société civile, pour critiquer un système qualifié de "servitude monétaire".
 
Même le président tchadien Idriss Déby Itno estime que le moment était venu de revoir en profondeur les accords monétaires entre la France et les pays de la zone CFA.


 

ABN/OID