Les droits des minorités légalement reconnus (directeur des droits humains)
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SENEGAL-JUSTICE

Les droits des minorités légalement reconnus (directeur des droits humains)

Dakar, 8 juil (APS) – Le directeur des droits humains au ministère de la Justice, Soulèye Diouf, a soutenu, jeudi, que les textes législatifs et règlementaires permettent de garantir les droits des minorités dans le respect des valeurs qui fondent la nation.
 
’’Même s’il n’existe pas de loi spécifiquement destinée aux droits des personnes appartenant à des minorités religieuses, ethniques et linguistiques au Sénégal (…), des textes permettent de garantir le respect de leurs droits’’, a-t-il déclaré.
 
Soulèye Diouf s’exprimait ainsi à l’occasion du colloque régional sur le thème ‘’Etat de droit et minorités en Afrique’’, organisé par l’Association sénégalais de droit constitutionnel (ASDC) en partenariat avec le Programme pour la promotion de l’Etat de droit en Afrique subsaharienne de la Fondation Konrad Adenauer (FKA).
 
Selon lui, le cadre législatif et réglementaire national régissant la protection des droits des minorités trouvent son fondement dans les instruments internationaux et régionaux de protection des droits de l’homme. 
 
Parmi ces textes internationaux ratifiés par le Sénégal, il a entre autres cité la Déclaration des Nations Unies sur les droits des minorités de 1992, le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, le Pacte relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale ainsi que la Convention relative aux droits de l’enfant.
 
Au niveau régional, il a évoqué la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, la première convention régionale relative aux droits fondamentaux qui reconnaît des droits aux peuples avec une prise en compte des ‘’valeurs de civilisation africaine qui doivent inspirer et caractériser nos réflexions sur la conception des droits de l’Homme et des Peuples.’’
 
C’est ainsi, a-t-il dit, que le Sénégal, ‘’Etat souverain, attaché à ses valeurs culturelles fondamentales qui constituent le ciment de l’unité nationale, et convaincue de la volonté de tous les citoyens de bâtir un destin commun par la solidarité, le travail et l’engagement patriotique’’, a reconnu dans sa législation interne, l’’’existence des droits de l’homme inviolables et inaliénables comme base de toute communauté humaine, de la paix et de la justice dans le monde.’’
 
’’Le préambule de la Constitution sénégalaise proclame le rejet et l’élimination, sous toutes leurs formes, de l’injustice, des inégalités et des discriminations’’, a ainsi rappelé le Directeur des droits humains.
 
Il a sur ce point souligné que la loi fondamentale consacre ainsi en son article premier que ‘’la République du Sénégal est une démocratie politique, économique et sociale’’, assure l’’’égalité devant la loi de tous les citoyens, sans discrimination d’origine, de race, de sexe, de religion’’, dans le respect de toutes les croyances’’.
 
Il a par ailleurs fait savoir que ce cadre constitutionnel est également renforcé par d’autres dispositifs législatifs dont principalement la loi n° 81-77 du 10 décembre 1981 relative à la répression des actes de discrimination raciale, ethnique ou religieuse. 
 
Cette loi, selon lui, ’’réprime les actes de discrimination raciale, ethnique ou religieuse, mais également toute diffusion d’idée fondée sur la supériorité ou la haine raciale, sur l’incitation à la discrimination ethnique ou religieuse ainsi que les actes de violence dirigés contre toute personne en raison de son origine ou de son appartenance à une ethnie, une race ou une religion.’’
 
Toutefois, il est d’avis que ’’le cousinage à plaisanterie et le dialogue islamo-chrétien constituent un atout essentiel pour une cohabitation harmonieuse entre les différentes ethnies et religions dans notre pays.’’ 
 
’’C’est dans cet esprit que l’Etat, sur le plan religieux s’implique dans le déroulement de plusieurs activités des confessions religieuses et des confréries, en promouvant en outre le dialogue islamo-chrétien, source de fierté, devenue une institution au Sénégal contribuant considérablement à la cohésion nationale’’, a-t-il soutenu.


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