Restaurant de l’ISFAR : 2 étudiants de l’UABD condamnés à trois mois de prison avec sursis
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SENEGAL-EDUCATION-JUSTICE

Restaurant de l’ISFAR : 2 étudiants de l’UABD condamnés à trois mois de prison avec sursis

Diourbel, 21 fév (APS) - Deux étudiants de l’université Alioune Diop de Bambey (UADB), poursuivis pour participation à un rassemblement illicite avec violences et voies de fait sur des personnes et destruction de bien, ont été condamnés jeudi à une peine d’avertissement de trois mois avec sursis par le tribunal des flagrants délits de Diourbel.
 
Les faits pour lesquels les deux prévenus ont été condamnés, remontent à lundi dernier, lors d’affrontements entre des pensionnaires de l’UADB et d’autres de l’Institut supérieur de formation agricole et rural (ISFAR). 
 
Ils avaient été déférés au parquet du tribunal de grande instance de Diourbel, mercredi.

Le premier a été identifié comme auteur présumé de la casse du véhicule de fonction du commissaire de la police de Bambey, tandis que le second comparaissait pour agression sur un brigadier de la police.
 
A la barre, ils ont reconnu avoir participé à cette manifestation mais sans aucune intention de s’en prendre à un agent de la police.
 
L’un d’eux a dit avoir juste réagi instinctivement en suivant la foule d’étudiants qui se rendaient au commissariat urbain de Bambey pour intercéder en faveur de leurs camarades en détention.

Une attitude qu’il a regrettée, assurant que jamais plus il ne commettrait pareille erreur. "Je ne participerai plus jamais à ce type de manifestation", a-t-il promis.
 
Son camarade a reconnu avoir jeté une pierre sur un véhicule de la police, en expliquant qu’il se sentait pris au piège.

Mais il a nié tout acte prémédité de sa part. "Je n’ai jamais pensé jeter une pierre à une personne à plus forte raison à un homme de tenue", s’est-il défendu.
 
L’agent de police, blessé à la lèvre supérieure, dit ne pas reconnaitre ses bourreaux.
 
Le représentant du ministère public a demandé au tribunal d’appliquer les dispositions de l’article 98 sur les rassemblements non autorisés.
 
Il a rappelé à cet égard que le statut d’étudiant ne donnait pas le droit de tout faire.

"On peut manifester un mécontentement sans se livrer à un acte de barbarie. Ce sont des actes qu’il faut bannir", a-t-il soutenu.

Il a demandé dans ce sillage au tribunal de déclarer les deux étudiants coupables et de les condamner à une peine d’avertissement. 
 
La défense a demandé au tribunal de faire preuve de clémence pour ces étudiants en deuxième année de droit qui n’avaient pas eu assez de maturité pour gérer la situation qui s’était présentée à eux.

"Ces étudiants sont en période de révision, ils ont un examen le 28 février prochain", a plaidé Me Assane Dioma Ndiaye, l’un des avocats de la défense.
 
Le tribunal a sermonné les deux étudiants sur leur manière de manifester leurs mécontentements.

"Il y avait une solidarité tellement forte entre étudiants. Ce sont des choses à éviter. Cela vous fragilise", a réprimandé le juge.
 
"Il est temps pour les étudiants de cesser certaines pratiques parce que depuis 68, ils se livrent à des casses. Il faut faire émerger un nouveau type d’étudiants en cessant de casser les biens publics qui nous appartiennent à tous", a-t-il poursuivi.

FD/ASG/BK