Alain Bockel dresse un bilan mitigé de l’évolution du droit administratif en Afrique
APS
SENEGAL-JUSTICE

Alain Bockel dresse un bilan mitigé de l’évolution du droit administratif en Afrique

Dakar, 04 juil (APS) – Alain Bockel, professeur de droit public à l’Université d’Orléans, relève des aspects positifs dans l’évolution du droit administratif en Afrique, estimant toutefois que ’’la jurisprudence n’est pas assez développée", en particulier dans le domaine des droits de l’homme.


‘’ Je crois qu’il y a des côtés positifs importants dans l’évolution
du droit administratif, notamment avec le développement du contentieux administratif et le développement de la recherche comme ce colloque’’, a-t-il dit.


Il indique néanmoins qu’"on peut être un petit peu inquiet sur ses développements, parce que la jurisprudence n’est pas assez développée, notamment en matière de droits de l’homme’’.


L’ancien doyen de la faculté de droit de l’Université de Dakar de 1972 à 1975 participait mardi après-midi, à la cérémonie de clôture du colloque organisé par l’Amicale des anciens étudiants de la faculté de droit de la promotion de 1975 sur "L’évolution du droit administratif au Sénégal et en Afrique".


Il s’agit de la troisième édition de ce colloque international, a précisé le Professeur Demba Sy. Il a réuni plusieurs experts du droit administratif de la France et de la sous-région.


Selon le Pr Bockel, ‘’la Charte africaine des droits de l’homme
et des peuples pourrait être un fondement du droit administratif très important comme l’a été la Convention européenne des droits de l’homme pour la France’’.


Il estime cependant qu’‘’elle n’a pas beaucoup de portée dans les Etats africains". "Il y a pratiquement sept Etats africains qui ont reconnu la possibilité pour leurs ressortissants de saisir la Cour africaine des droits de l’Homme pour violation de leurs Etats’’, a-t-il regretté.


A l’en croire, ‘’ c’est comme cela que se développerait le droit administratif’’ en Afrique qui, d’après lui, reste encore un peu muselé par certains Etats quelque part ‘’autoritaires et un peu timides dans leurs engagements internationaux’’.


‘’Les Etats africains, il faut le reconnaître, sauf peut-être certains, sont autoritaires. Ils n’aiment pas tellement que les juges viennent contrôler ce qu’ils font. Ils n’ont pas encore vraiment accepté l’Etat de droit d’une façon établie, d’une façon réelle’’, a-t-il déploré.


Cependant, le professeur Bockel pense que ‘’les choses peuvent évoluer’’ grâce notamment à des rencontres telles que celle organisée par l’Amicale de la promotion de 1975, qui ‘’donnent l’opportunité d’en parler et d’en discuter’’.


Pour rappel, M. Bockel, auteur de plusieurs manuels et
publications, est actuellement considéré par ses pairs comme l’un des meilleurs spécialistes au monde du droit public et de droit administratif en particulier.


Professeur de Droit public à l’Université d’Orléans (France), il est délégué depuis plusieurs années auprès de l’Université Galatasaray d’Istanbul, où il enseigne le droit constitutionnel et les droits de l’homme. 


MK/ASG