La présence de l’avocat dès l’interpellation est une garantie contre la suspicion (officiel)
APS
SENEGAL-SOCIET-JUSTICE

La présence de l’avocat dès l’interpellation est une garantie contre la suspicion (officiel)

Dakar, 16 mars (APS) – La présence de l’avocat dès l’interpellation de son client par l’officier de police judiciaire (OPJ) est une ’’garantie supplémentaire contre la suspicion qui entoure souvent à tort, les méthodes et la qualité de travail de justice’’, a déclaré le Secrétaire général du ministre de la Justice, Alioune Ndiaye


Cette disposition ne doit pas être perçue ’’comme une restriction des opération des OPJ, ou encore un empiétement du domaine réservé qui remettrait en cause ou compromettrait l’efficacité des enquêtes’’, a t-il dit.

M. Ndiaye intervenait lors d’un atelier de réflexion sur le thème de ’’La présence de l’avocat dès l’interpellation de son client par l’officier de police judiciaire’’. 


Selon lui, cette nouvelle mesure qui ’’donnera en effet aux avocats davantage d’espaces pour s’acquitter de façon plus convenable des charges de leurs fonctions’’ va en même temps ’’rassurer les membres de la société civile sur la préservation des droits légitimes de tous les citoyens dès le premier contact avec la justice’’.


Cette règle est consacrée par l’adoption d’un nouvel article 55 du code de procédure pénale, en application du règlement N°05 du conseil des ministres de l’UEMOA relatif à l’harmonisation des règles régissant la profession d’avocat dans l’espace communautaire.


L’atelier a réuni un panel d’experts aussi large que diversifié, à savoir des avocats, des procureurs, des OPJ, des membres de la société civile…, suffisamment représentatifs de l’ensemble des acteurs de la procédure pénale.


Il s’agit d’’’une approche participative qui va générer des décisions plus légitimes plus adaptées, qui seront prises en compte dans la circulaire qui sera prochainement adoptée pour fixer de façon plus claire certains aspects opérationnels de ce nouveau pas de notre démocratie’’, a affirmé le représentant du Garde des Sceaux.


Pour le directeur des Affaires criminelles et des grâces, l’atelier vise à ’’promouvoir une compréhension uniforme du nouvel environnement normatif par tous les acteurs’’. 


Il s’agit aussi de ’’favoriser l’émergence d’une pratique procédurale fondée d’une part sur une compréhension uniforme des textes et d’autre part, sur les bonnes pratiques identifiées au cours de l’atelier’’, a-t-il précisé.


Le bâtonnier de l’ordre des avocats du Sénégal, Mbaye Gueye, a souligné de son côté que cette nouvelle réglementation n’est pas uniquement le produit des avocats, mais le résultat d’un consensus ponctué par une réflexion de plus dix ans entre avocats, magistrats, autorités de police judiciaire.


Par ailleurs il s’est dit désolé que le Sénégal ’’précurseur et modèle de démocratie’’ soit le seul pays des huit membres de l’UEMOA ’’où l’application de ce règlement vieux de deux ans fasse encore l’objet d’obstacles non fondés’’.


Cependant, il espère que cette présente réflexion va permettre de ’’lever définitivement tous les malentendus pour une application intelligente du texte basée sur la bonne foi et non sur la ruse’’.

MK/OID