La pratique de l’excision est une
APS
SENEGAL-GENRE

La pratique de l’excision est une "norme sociale" qu’il faut "intelligemment" faire disparaitre (responsable)

+++De l’envoyé spécial de l’APS : Abdoulaye Iba Faye+++

Sédhiou, 25 nov (APS) – La pratique de l’excision est "une norme sociale" qu’il faut réduire, avec intelligence, à sa plus simple expression en amenant les populations à prendre conscience des conséquences et méfaits qui en découlent, a relevé, samedi à Sédhiou, la coordonnatrice du programme "Violence basée sur le genre" au Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA), Lydie Sanka Kabou.

 
"On se rend compte que c’est seulement lorsque les populations sont convaincues qu’elles décident de faire une déclaration d’abandon qui est l’achèvement d’un processus de formation qui leur est soumis 3 ans durant" a-t-elle dit lors d’un entretien avec des journalistes.
 
Elle s’exprimait ainsi en prélude à une cérémonie de déclaration publique d’abandon de l’excision et des mariages précoces prévue dimanche à Koussy, dans la région de Sédhiou
 
Selon Mme Kabou, les formations dédiées aux communautés permettent de renforcer leurs connaissances sur les droits humains notamment sur le respect de l’intégrité physique de la personne humaine.
 
"Donc, c’est un processus qui permet, petit à petit, d’amener la communauté à prendre conscience de l’importance des droits humains afin de ne pas exercer d’actes de violence à l’endroit d’une personne, ni d’ablation" a-t-elle expliqué.
 
La fonctionnaire de l’UNFPA a fait comprendre que tout cela repose sur une prise de conscience communautaire des méfaits de la pratique de l’excision en vue de son abandon.
 
"Les communautés ont, elles-mêmes, pris conscience de cette tare de la société et décidé, après la formation subie, de faire une déclaration publique d’abandon de l’excision qui porte atteinte aux droits de la personne humaine" a-t-elle encore dit.
 
A l’en croire, ce sont 87 communautés issues de 47 villages qui vont faire cette déclaration d’abandon de l’excision, dimanche, dans le cadre de la campagne des "16 jours d’activisme contre les violences basées sur le genre".
 
Elle a souligné que l’accélération de l’abandon de l’excision est l’un des plus grands programmes déroulés par le Système des Nations Unies et qui est mis en œuvre particulièrement par 2 de ses agences dans 17 pays en Afrique et en Asie.
 
Il s’agit de l’UNFPA et du Fonds des Nations Unis pour l’Enfance (UNICEF) qui déroulent ce programme conjoint depuis 2008 en partenariat avec le ministère de la Femme qui coordonne le plan d’action national contre les mutilations génitales féminines.
 
La déclaration d’abandon de l’excision est organisée par l’ONG Tostan en partenariat avec le programme conjoint UNFPA/UNICEF. Tostan intervient dans les communes et principalement dans les zones à fortes prévalences de pratiques de l’excision (Kolda, Sédhiou, Vélingara, Matam…)
 

LTF/PON