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Un réseau préconise une "éducation émancipatrice conforme aux réalités du continent"

Dakar, 20 mai (APS) - Le réseau africain de campagne pour l’éducation pour tous (ANCEFA en anglais) préconise une éducation émancipatrice conforme aux réalités du continent et qui contribue à libérer les potentiels de l’individu. 
 
"En Afrique, on est toujours dans un genre d’éducation qui est un héritage de la période coloniale. Même s’il y a eu des réformes à divers niveaux, elles n’ont pas tout à fait abouti pour un nouveau citoyen africain, agent de changement efficace pour le développement durable du continent", a souligné la Coordonnatrice régionale de ANCEFA Réseau africain de campagne pour l’éducation pour tous (ANCEFA en anglais) Solange Akpo.
 
Elle intervenait jeudi à Dakar en marge d’un atelier d’échanges sur l’éducation émancipatrice avec des membres de Coalitions nationales membres d’Ancefa venus du Burkina Faso, du Bénin et du Sénégal.
 
Pour la Coordonnatrice régionale de Ancefa, ‘’la qualité de l’éducation que nous avons actuellement souffre à plusieurs égards avec une qualité des apprentissages très basse, les questions d’inclusion restent d’actualité car l’Afrique reste le continent qui a le taux le plus élevé de non scolarisation et d’exclusion’’.
 
"Il y a beaucoup d’enfants qui se retrouvent en dehors du système scolaire et qui n’ont pas accès à d’autres formes d’éducation alternatives pour se réaliser et contribuer aux besoins de la société’’, a-t-elle expliqué.
 
C’est pourquoi, ANCEFA préconise "une réflexion profonde pour essayer de transformer l’éducation que nous avons au niveau de l’Afrique afin d’améliorer et transformer l’éducation en un système plus centrée sur l’individu et sur les besoins de la société", a-t-elle dit.
 
"Tout en permettant à l’individu de s’ouvrir sur le monde, l’éducation en Afrique doit également prendre en compte nos valeurs traditionnels les plus bénéfiques’’, a-t-elle souligné. 
 
Aussi, les héritages de l’histoire africaine continuent à peser sur le genre d’éducation que nous recevons, sur les concepts utilisés qui ne nous permettent pas de nous libérer, a assuré Solange Akpo.

’’A plusieurs égards, nous avons une éducation qui continue de bénéficier de beaucoup d’influence extérieure même si il y a des efforts qui sont faits par des Etats pour que le contenu éducatif soit plus en adéquation avec les réalités nationales", a-t-elle ajouté.
 
"De plus en plus, quand on parle d’éducation et d’école, l’évaluation est faite selon des critères quantitatifs notamment l’accès, la qualité des apprentissages, mais jamais sur les finalités de l’éducation aussi bien sur l’individu que sur la société, a relevé Abdoul Alpha Dia, Coordonnateur pour le Sénégal du Réseau Ouest et Centre africain pour la recherche en éducation (Rocare).
 
Ayant conduit l’étude sur l’éducation émancipatrice pour Ancefa, l’enseignant -chercheur à l’Université virtuel du Sénégal, a rappelé la définition, son actualité par rapport au contexte des pays africains mais également les enjeux et défis que cette forme d’éducation permettrait de relever en Afrique.
 
Le rapport a également essayé de documenter ce concept à travers des études de cas au Sénégal et au Rwanda. Ces études ont montré qu’en ‘’réalité il est possible de pourvoir d’autres modèles qui s’appuient plus fortement sur les valeurs africaines’’.
 
La rencontre de trois jours avec des acteurs venus de la sous-région vise à ’’dégager des pistes de réflexion pour une éducation plus émancipatrice en Afrique mais également d’identifier les bonnes approches pour une école africaine’’.

ADL/ASB/OID