Niaguiss : le slogan
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SENEGAL-EDUCATION-EVALUATION

Niaguiss : le slogan "Ubi tay, Diang Tay" à l’épreuve de la rentrée scolaire

Boutoupa Camracounda, 5 oct (APS) - Les cours ont effectivement débuté mercredi à l’école élémentaire de Boutoupa Camaracounda, dans le département de Ziguinchor (sud), conformément à l’esprit du slogan "Ubi Tay, Diang Tay", insuffisamment appliqué ailleurs dans cette zone, a constaté le correspondant de l’APS.
 
Cette trouvaille des pouvoirs publics vise à favoriser un démarrage effectif des enseignements sur toute l’étendue du territoire national, au premier jour de l’ouverture officielle des classes.
 
A l’école élémentaire de Boutoupa Camaracounda, dans le département de Niaguiss, le personnel enseignant "est venu nombreux. Du côté des élèves, nous avons enregistré plus de 60% de présence de nos effectifs’", se réjoui le directeur de cet établissement, Famara Diandy.
 
Signe bienveillant de retrouvailles scellées, une ambiance de récréation régnait mercredi matin dans la cour de cette école nichée entre un cantonnement militaire et une rangée de maisons. 
 
Des enfants jouaient sur un terrain à moitié nu, des animaux domestiques profitant des surfaces non encore désherbées de cette enceinte.
 
Des élèves, dans certaines salles, s’attelaient à recopier un texte sur le tableau intitulé "Fournitures à acheter", dans d’autres, les écoliers s’employaient à recopier l’emploi du temps.
 
"Nous pouvons dire que +Ubi Tay, Diang Tay+ est devenue une réalité à Boutoupa Camaracounda", a lancé M. Diandy à l’endroit d’une délégation de la Coalition des organisations en synergie pour la défense de l’éducation publique (COSYDEP).
 
Dirigée par le coordonnateur de l’antenne régionale de la COSYDEP, Aba Dabo, cette délégation a fait le tour de plusieurs écoles publiques dans la commune de Boutoupa Camaracounda pour constater "de visu l’effectivité sur le terrain du concept +Ubi Tay, Diang, Tay+".
 
"Je suis arrivé en salle à 7h 45. A 8 heures, plusieurs élèves sont venus mais sans fournitures scolaires. Les parents retiennent encore les enfants pour la surveillance des champs menacés par des oiseaux, des singes et autres animaux qui ravagent les récoltes", a expliqué Idrissa Diatta, tout en aidant ses élèves à recopier l’emploi du temps et à dresser le listing des fournitures à acheter.
 
A Niandou, un autre village de la commune de Boutoupa Camaracounda, deux classes sont ouvertes avec des élèves de CEM 2 révisant avec leurs maitres des opérations de calculs et des problèmes. 
 
"Ici, nous avons bien démarré les cours, surtout avec les élèves des classes d’examen", a lancé un membre du personnel enseignant.
 
A Niabina, autre village de la même commune rurale, une ambiance de vacances se sentait encore dans la cour de l’école primaire. Seules deux personnes étaient présentes sous un arbre ombrageux.
 
Les salles sont certes ouvertes, la cour bien nettoyée, mais les élèves brillaient par leur absence en ce jour de rentrée.
 
"Tous les enseignants ont répondu à l’appel ce matin. Mais jusqu’à 11 heures, on n’a pas vu l’ombre d’un seul élève. Les enseignants sont donc permissionnaires pour aller percevoir leur salaire", a expliqué Lamine Cissé, directeur de l’école élémentaire de Niabina.
 
"Le constat est mitigé. Sur les trois écoles visitées, deux sont fonctionnelles et une seule n’a pas ouvert ses portes. Nous pouvons dire que +Ubi Tay, Diang Tay+, un concept de la COSYDEP réapproprié par l’Etat, est devenue une réalité dans plusieurs localités", s’est félicité Aba Dabo dont la structure a procédé à une remise symbolique des boites de craies aux écoles visitées.
 

MTN/BK