Propositions de solutions pour la régulation des écoles privées
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SENEGAL-EDUCATION

Propositions de solutions pour la régulation des écoles privées

Dakar, 24 oct (APS) - Une série de solutions pour la régulation des écoles privées de plus en plus nombreuses a été proposée, mardi à Dakar, par des acteurs de la société civile francophone active dans le secteur de l’éducation, a constaté l’APS.
 
 
Présents à la Rencontre sur la marchandisation de l’éducation organisée à Dakar, ces acteurs de l’éducation ont mis sur la table des solutions devant aider à réguler les écoles privées dont l’accroissement de plus en plus fulgurant pose la question de "l’équité et l’égalité des chances" dans l’offre d’éducation.
 
Comme solutions face à la marchandisation, les participants à l’atelier sur la régulation des écoles privées ont évoqué la nécessité d’une législation du privé au même titre que le public. 
 
"L’autorisation d’ouverture doit se faire avec la rationalisation de la carte scolaire pour régler la question de l’anarchie dans l’installation des écoles", a dit le rapporteur de l’atelier Abdoulaye Ndoye, membre du Comité syndical francophone de l’éducation et de la formation.

La question de la diminution de la subvention octroyée par l’Etat aux écoles privées a été également avancée comme solution. 
 
"Au Sénégal l’Etat met à peu prés un milliard 200 millions pour le financement des écoles privées. Il faut réguler ce financement et mettre des conditions pour l’accès afin de réguler le secteur", a-t-il estimé.
 
"On doit aller vers une diminution graduelle de la subvention des écoles privées en mettant en parallèle le financement du public et en même temps soumettre le financement du privé à des conditions", a soutenu le rapporteur qui a donné l’exemple du Burkina Faso où les écoles privées financées par l’Etat sont contraintes de réduire leurs frais de scolarité. 
 
Il s’agit également, pour les organisations de la société civile, d’aller vers la constitution de coalitions nationales fortes pour imposer un rapport de force aux Etats, les amener à respecter la constitution qui exige la gratuité des frais d’inscription et une école publique de qualité". 
 
Il s’agit aussi de faire de sorte que les programmes scolaires et les manuels pédagogiques soient identiques aussi bien dans le public que dans le privé et d’impliquer les associations de parents d’élèves et les syndicats dans le contrôle des écoles privées. 
 
La logique du marché est également un défi parce qu’étant dans un contexte de globalisation et de mondialisation, disent-ils avant de relever que "le combat ne devrait pas seulement être au niveau des pays et des gouvernements mais au niveau international".

C’est la raison d’être de l’appel lancé en novembre 2016 contre la marchandisation de l’éducation, au siège de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) à Paris par plus de 300 structures membres de la communauté francophone.
 
Cela explique également la présence à l’Institut francophone pour l’Education et la Formation (IFEF) de prés de 80 représentants d’ONG, d’Etats, venus de 26 pays francophones pour trouver "des réponses spécifiques face à la marchandisation de plus en plus croissante de l’Education".
 
 
 

ADL/PON