La société civile francophone pour des ’’réponses spécifiques’’ à la marchandisation du secteur
APS
SENEGAL-EDUCATION-PLAIDOYER

La société civile francophone pour des ’’réponses spécifiques’’ à la marchandisation du secteur

Dakar, 23 oct (APS) - La société civile francophone, réunie pour une conférence ouverte lundi à Dakar sur ’’’la privatisation et la marchandisation de l’éducation", a dit son ambition de travailler à "des réponses spécifiques" pouvant approfondir cette problématique, en vue de promouvoir sur cette question "un meilleur portage au niveau international".
 
"L’idée est de promouvoir la réflexion, le débat et quand nécessaire la mobilisation contre la marchandisation de l’éducation, afin de garantir que les systèmes éducatifs promeuvent la réalisation du droit à l’éducation", a expliqué, à l’ouverture de la rencontre, le représentant du Comité syndical francophone de l’éducation et de la formation (CSFEF), Luc Allaire.
 
"Il ne faut pas que la présence d’acteurs privés remette en cause ces droits fondamentaux d’éducation publique de qualité pour tous", a fait valoir M. Allaire au cours de cette conférence qui se déroule au siège de l’Institut de la Francophonie pour l’éducation et la formation (IFEF), à Dakar.
 
Il a rappelé que depuis 2015 un consortium international d’organisations travaillait sur la privatisation de l’éducation et les droits de l’Homme, afin de "mieux cerner les enjeux de ce phénomène et agir de manière collective et constructive".
 
Le coordonnateur du Réseau africain de campagne pour l’éducation pour tous (ANCEFA), Samuel Dembélé, dit également militer pour "des positions plus nettes sur cette question".
 
"La question de l’offre éducative gratuite et de qualité doit être garantie par les Etats", a-t-il souligné, estimant que la privatisation a été jusque-là "considéré comme un appoint mais les gouvernements doivent toujours jouer le rôle principal en termes d’offre et de régulation".
 
"L’accès à une éducation de qualité, c’est un droit, et c’est l’Etat qui en est le garant", fait de son côté observer le président du conseil d’administration de la Coalition des organisations en synergie pour la défense de l’éducation publique (COSYDEP), Moussa Mbaye. 
 
Or, selon M. Mbaye, "la vérité, c’est que les plus démunis doivent être activement accompagnés pour pouvoir en bénéficier". 
 
"Il ne s’agit pas de faire preuve d’étroitesse d’esprit ou d’ostracisme envers les acteurs du secteur privé, mais de convenir qu’une régulation dynamique est nécessaire et qu’elle est basée sur le principe fondamental du droit à une éducation de qualité pour tous", a-t-il insisté.
 
Selon le PCA de la COSYDEP, à l’initiative de cette rencontre, "les écoles dites privées peuvent bien jouer leur partition mais pas pour remplacer le public, et plutôt comme un choix complémentaire offert aux familles dans un contexte où elles peuvent tout aussi bien choisir une école publique bien dotée, où la qualité est assurée". 
 
Plusieurs autres intervenants ont fait valoir que des solutions de rechange existent, qui permettraient aux gouvernements de mobiliser des ressources nationales pour assurer un financement durable du droit de chaque enfant à une éducation publique inclusive de qualité. 
 
Dans cette perspective, les organisations de la société civile doivent jouer "un rôle crucial en cherchant ensemble à collaborer avec les gouvernements et les décideurs politiques à tous les niveaux sur des solutions alternatives durables".
 
Cette conférence qui prend fin jeudi, réunit une centaine de délégués représentants de la société civile et des Etats de 26 pays francophones ainsi que des chercheurs et des organisations internationales.
 

ADL/BK