Plaidoyer pour la consolidation de l’offre publique d’éducation
APS
SENEGAL-EDUCATION

Plaidoyer pour la consolidation de l’offre publique d’éducation

Dakar, 26 oct (APS) – Le coordonnateur de la Coalition des organisations en synergie pour la défense de l’éducation publique, Cheikh Mbow, a défendu jeudi la nécessité d’un financement conséquent en vue du renforcement et de la consolidation de l’offre publique d’éducation.

Il s’agit de favoriser une meilleure motivation des enseignants, des écoles attrayantes dotées d’un matériel didactique adéquat et de supports pédagogiques de qualité, et un environnement scolaire salubre.
 
‘’Pour un système public renforcé et consolidé, il faut revoir son financement pour une école attractive et motivante’’, a-t-il plaidé à la clôture jeudi de la rencontre francophone sur la marchandisation et la privatisation de l’éducation.
 
‘’Les abris provisoires, des écoles sans clôture, sans eau, sans électricité, sans toilettes, on ne les retrouve pas dans le privé’’, a-t-il souligné.
 
C’est pourquoi les ressources publiques ne devraient pas servir à financer le privé, mais doivent d’abord être orientées vers l’offre publique d’éducation, selon Mbow. Et la question a fait l’objet de ‘’consensus’’ au cours de la rencontre.
 
Toutefois, il ne s’agit pas pour les organisations qui ont pris part à la rencontre, d’aller vers ‘’une suppression nette du financement du privé’’. En effet, selon le coordonnateur de la COSYDEP, ‘’les enfants dans le privé font partie de la famille de l’Etat et doivent également acquérir les connaissances et les compétences nécessaires pour avoir un profil de sortie adéquat’’. 
 
‘’Il faut accompagner toutes les offres du système éducatif. Toutefois, l’orientation fondamentale du financement de l’éducation devrait accompagner les moins démunis, les plus modestes et dans les zones rurales et les enfants en situation de handicap avec des besoins spécifiques’’, a-t-il souligné.
 
Pour la représentante du Comité syndical francophone pour l’éducation et la formation (CSEF), Awa Wade, "le système public devrait ainsi être renforcé pour qu’il puisse retrouver la confiance des acteurs’’. 
 
"L’éducation n’est pas une marchandise, nous devons continuer à faire en sorte que les écoles commerciales puissent être encadrées’’, a-t-elle exhorté.
 
La représentante de la Fédération des centres d’éducation à méthodes actives (FICEMEA), Sonia Feebi, juge pour sa part que le fondement du système doit être le renforcement et la consolidation de l’offre publique d’éducation. "Nous ne disons pas non aux écoles privées, elles ne devraient pas remplacer les écoles publiques mais leur venir en appui’’, a-t-elle estimé.
 
Il s’agit ainsi de ‘’revaloriser l’école publique et de travailler à ce qu’elle puisse retrouver sa qualité, que les enseignants soient davantage motivés pour faire face à ce phénomène de privatisation qui gangrène le système’’.
 
‘’Une autre forme de privatisation, c’est de dévaloriser l’école publique qui fera que des parents auront des raisons de vouloir mettre leurs enfants dans le privé’’, a-t-elle souligné. L’école publique fait penser également aux ‘’frais opportunistes avec beaucoup de dépenses faites par les parents’’, a-t-elle fait remarquer. 
 
Pour les organisations membres du Réseau contre la marchandisation, ‘’la gratuité a une signification : c’est sans frais, conditionnant l’accès, le maintien et la réussite des enfants’’. 
 
C’est pourquoi , selon les organisations , il faut retrouver la gratuité dans l’école publique et aussi réguler l’offre privée d’éducation et miser sur l’offre publique, pour permettre à tous les enfants et jeunes de pouvoir jouir de l’offre d’éducation.
 
Pendant quatre jours, près de 80 représentants venus de 26 pays de l’espace francophone ont pris part à la rencontre, à l’Institut francophone pour l’éducation et la formation (IFEF), pour trouver des réponses spécifiques à la marchandisation et la privatisation de l’éducation.

ADL/ASG