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SENEGAL-EDUCATION

Appel pour des "mesures énergiques" contre les inégalités scolaires et le mépris de l’éducation

Dakar, 31 janv (APS) – Les organisations de la société civile actives dans le domaine de l’éducation demandent à l’Etat de prendre "des mesures énergiques" en vue de "mettre fin aux inégalités et au manque de considération dont l’éducation fait l’objet".

Elles en ont exprimé la demande dans un document intitulé "Position de la société civile sur le financement de l’éducation". Ce document a été rendu public mercredi lors de la Journée internationale de la société civile préparatoire à la 3ème Conférence sur le financement du Partenariat mondial pour l’éducation, qui se tiendra à Dakar les 1er et 2 février.
 
La société civile membre de la Coalition des organisations en synergie pour la défense de l’éducation publique (COSYDEP) donne ainsi sa position "sur les problématiques liés à la dévalorisation et la privatisation de l’école publique, à la politique fiscale pour une augmentation des ressources domestiques aux types de financement et à la participation des ménages, entre autres enjeux".
 
Le Sénégal consacre en moyenne 6% de son PIB à l’éducation, à la formation et à la recherche alors que l’objectif visé est de 8% à l’horizon 2017 selon la directive présidentielle de 2013, rappelle le document.
 
Nonobstant ces ressources importantes, les besoins en éducation et formation de qualité restent insatisfaits, entraînant une grande instabilité du système éducatif, l’exclusion et l’abandon de beaucoup d’adultes et d’enfants dont surtout des filles.
 
Intervenant lors des panels, le coordonnateur de la COSYDEP, Cheikh Mbow, a souligné que la conférence de financement organisée pour la première fois en Afrique doit être l’occasion de faire le bilan des engagements à soutenir la construction de systèmes éducatifs performants dans les pays en développement.
 
Il estime que "le financement de l’éducation interpelle la société civile dans son rôle de veille et de critique objective sur les orientations de la politique éducative".
 
Il s’agit ainsi pour les organisations de la société civile d’Afrique, d’Amérique et d’Europe du Sud venant de près de 37 pays de "travailler ensemble pour qu’il y ait des engagements crédibles aussi bien des donateurs que des gouvernements mais également des mécanismes de suivi des projets".
 
L’idée de tenir la journée répond au souci de "fournir à la société civile, notamment africaine, les moyens de suivre les engagements pris par leur gouvernement respectif pour l’augmentation des ressources destinées à un financement juste, équitable et durable de l’éducation", a expliqué Camilia Croso, présidente de la Campagne mondiale pour l’éducation (CME).

A la fin de la journée, les acteurs de la société vont "construire un document de position globale sous forme de déclaration qui sera soumise" au Partenariat mondial de l’éducation lors de la conférence.
 
La 3ème Conférence de reconstitution des ressources du PME constitue une opportunité pour mobiliser 3,1 milliards de dollars pour la période 2018-2020.
 
Ce financement vise à soutenir l’éducation de 870 millions d’enfants dans 89 pays en développement dans lesquels vivent 78% des enfants non scolarisés dans le monde, selon l’ONU.

ADL/ASG/ASB